L’historien canadien Quinn Slobodian, auteur du très remarqué Capitalisme de l’apocalypse (Seuil, 2025), exhume dans son dernier livre les racines de la nouvelle extrême droite incarnée par Donald Trump et ses affidés. Un mouvement né de l’alliance inattendue entre libertariens radicaux et conservateurs religieux, réunis autour d’une pseudo-science des inégalités.
L’industrie militaire française se porte bien. Avec plus de 21,6 milliards d’euros de commandes en 2024, la France est le deuxième pays exportateur d’armes du monde. Et, malgré les dénégations du gouvernement, des informations montrent que le matériel français contribue aux attaques à l’encontre de civils dans des zones de conflits (Israël, Yémen, Ukraine) ou participe à l’organisation de régimes autoritaires comme en Chine. Difficile pourtant de savoir avec précision comment circulent ces armes et à quelles fins elles sont utilisées en raison d’un manque crucial de transparence. Si ce n’était grâce aux enquêtes de certains médias tenaces. Rencontre avec Ariane Lavrilleux, journaliste d’investigation et rédactrice en chef adjointe de Disclose, dont les articles sur les ventes d’armes françaises ont créé des remous très politiques.
Le 4 décembre 2024, Brian Thompson, PDG d’UnitedHealthcare, était abattu à Manhattan. L’acte aurait été commis en représailles à la violence du système inique des assurances de santé aux États-Unis1. Le suspect, Luigi Mangione, est rapidement devenu une icône pour des milliers d’États-Uniens ayant fait face à un refus de soins. En prenant ce fait divers comme point de départ dans son essai Saint Luigi. Comment répondre à la violence du capitalisme ? (Les Liens qui Libèrent, 2025), Nicolas Framont, sociologue et rédacteur en chef de Frustration Magazine, interroge plus largement le recours à la violence physique et politique dans les mobilisations sociales. Entretien.
Comment les collectifs résistent-ils aux « grands projets inutiles et imposés » ? Depuis 2020, la sociologue Gaëlle Ronsin coordonne un projet de recherche collectif sur les victoires territoriales de l’écologie politique depuis les années 1970. En analysant les luttes victorieuses, elle éclaire l’organisation des collectifs et leur perception après l’abandon d’un projet.
Autrice de sept romans et d’une trentaine de nouvelles explorant le registre des imaginaires, de la fantasy à la science-fiction, Li-Cam développe depuis 2023 le monde de l’Ecoume, sobre, paritaire et écologique. Située autour de 2080 sur Terre, cette société a réussi à opérer un virage radical pour se prémunir de la catastrophe climatique. En explorant les limites de cet univers, ses fragilités et son inventivité, elle propose une alternative politique et écologique à portée de main.
Le philosophe Paul Guillibert nous avait déjà accordé un entretien en compagnie du raffineur Adrien Cornet (Socialter n°62) pour approfondir les liens entre catastrophe écologique et exploitation du travail. Il publie cette année deux ouvrages, Découvrir le marxisme écologique (Les Éditions sociales, août 2025, avec Alexis Cukier) et Marx Narodnik (L’Échappée, septembre 2025, avec Michael Löwy) qui éclairent les fondements théoriques du marxisme écologique. L’occasion d’explorer avec lui les apports de ce courant encore peu connu en France qui renouvelle la critique du capitalisme tout en se libérant de l’héritage productiviste de Marx.
Dans Accumuler du béton, tracer des routes (La fabrique, 2024), Nelo Magalhães réinscrit l’histoire des grandes infrastructures de transport de 1945 à nos jours, dans celle des mutations de l’économie française. Du fordisme des « Trente Glorieuses » au néolibéralisme, il raconte comment l’État et le patronat routier ont produit main dans la main l’espace dans lequel nous vivons. Une mise en perspective pour « dénaturaliser » le béton et politiser les dégâts de l’aménagement capitaliste.
Que peut le droit face à la disparition du vivant ? Pour l’avocat spécialiste du droit pénal de l’environnement Sébastien Mabile, la justice n’a pas fait ses preuves pour enrayer les ravages de l’industrie. Le recul du droit de l’environnement signale, selon lui, une tentative de l’État de verrouiller le débat démocratique. Mais des pistes existent pour rééquilibrer la balance du droit du côté des citoyens. Entretien.
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Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué