Enquête sur les empires de Bolloré et Stérin, saints patrons de l’extrême droite

Écrit par Olivier Petitjean. Publié le . Modifié le .

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Sur l’affiche de l’événement, une Marianne brisant ses chaînes. La promesse ? Rassembler les « forces libérales » pour porter remède au « mal français » et à « l’emprise de l’État sur nos vies ». Organisé le 24 juin 2025 au Casino de Paris, le Sommet des libertés était avant tout une grande messe des extrêmes droites. Jordan Bardella, Sarah Knafo, Marion Maréchal ou Éric Ciotti ont partagé la scène avec des journalistes des médias Bolloré, des représentants de think tanks ultralibéraux, quelques hommes d’affaires et des personnalités comme l’écrivain Alexandre Jardin.

Article et infographies issus de notre hors-série « Résister aux nouveaux fascismes », disponible en kiosque et librairie et à la commande.

Ce grand raout a connu quelques couacs et a globalement échoué dans sa tentative d’embrigadement de la droite libérale classique. Mais il était emblématique d’au moins une chose : la convergence croissante entre les deux milliardaires préférés des droites radicales françaises, Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin. Et entre leurs réseaux respectifs, qui ont affiché, pour la première fois, leur collaboration en tant que co-organisateurs de l’événement.

Les deux hommes d’affaires partagent la même foi catholique, le même souhait de voir advenir et triompher électoralement une « union des droites » alignée sur son versant extrême, et la même volonté de mettre leur fortune au service de la défense d’une civilisation chrétienne française, selon eux menacée. Dans leur parcours, dans l’origine de leur fortune et dans leur style, pourtant, tout ou presque les sépare.

Vincent Bolloré : l’homme des médias

Vincent Bolloré, 73 ans, est issu d’une vieille famille bretonne fortunée. Il a hérité de l’entreprise de papeterie paternelle (dont les fameux papiers à cigarettes OCB) et surtout de nombreuses connexions dans le Tout-Paris des affaires et de la politique. À partir des années 1980, il s’est construit un petit empire en Afrique dans les ports et la logistique, nouant des relations étroites avec plusieurs autocrates du continent qui lui valent aujourd’hui des ennuis judiciaires1. Ces sont les revenus de cet empire puis les fruits de sa revente entre 2021 et 2024 qui lui ont permis de se concentrer sur sa nouvelle passion : les médias et la culture en France.

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À propos de l’auteur·ice
Olivier Petitjean
Olivier Petitjean, journaliste, est le co-fondateur et le coordinateur de l’Observatoire des multinationales depuis son lancement en 2013. Spécialiste de l’investigation sur les grandes entreprises et le lobbying, il s’intéresse aussi aux moyens de limiter et encadrer leur pouvoir… voire de se passer d’elles.Retrouver tous ses articles.

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