Dans le rond des jumelles, on aperçoit une petite tête blanche au-dessus d’un nid en hauteur. Une cigogne adulte qui couve ses petits. En enlevant la lunette, le mât installé n’est plus qu’un trait lointain devant une ville de tuyaux, cheminées et cuves que constitue la raffinerie de pétrole de Donges, dans l’estuaire de la Loire.
La première image, celle d’une biodiversité riche et mignonne, c’est celle que l’exploitant TotalEnergies veut ancrer dans les représentations, en finançant notamment l’Association pour la connaissance et la recherche ornithologique Loire et Atlantique (Acrola), chargée de veiller sur les cigognes.
La deuxième, celle d’une entreprise polluante qui fragilise la santé des riverains et des milieux, c’est celle que Marie-Aline ne peut plus éviter, en vivant face à l’immense site industriel responsable jour et nuit de bruits et d’odeurs désagréables. « Ça me rend malade », enrage la responsable de l’Association environnementale dongeoise des zones à risques, en montrant un article de presse où TotalEnergies se vante d’accueillir les oiseaux emblématiques et de produire du miel.
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« C’est du greenwashing, c’est une évidence, mais toutes les entreprises le font », reconnaît Julien Foucher, directeur d’Acrola, aujourd’hui soutenue chaque année à hauteur de 4 000 euros par la raffinerie. « Pour nous l’argent n’a pas d’odeur, c’est ce qu’on en fait qui importe. Avec trois salariés et les difficultés à obtenir des subventions depuis notre création il y a vingt ans, nous n’aurions pas survécu sans les aides privées. »
De Coca-Cola, mécène de l’ONG WWF depuis 2007, à l’investissement de la fondation TotalEnergies dans le Muséum national d’histoire naturelle, notamment pour la numérisation de la galerie virtuelle de minéralogie en 2008, les partenariats entre grandes entreprises et acteurs de la conservation de la nature ne sont pas nouveaux. Mais les rapprochements semblent s’accélérer.
D’un côté, les dons d’entreprises, de fondations ou de personnalités privées fléchés pour l’environnement se multiplient. Si le secteur ne capte encore que 9 % des sommes totales destinées au mécénat en France, il est celui qui connaît la plus forte progression juste après le sport, dans un contexte pourtant marqué par les jeux Olympiques, selon le dernier baromètre des entreprises mécènes.







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