Quand les premières gouttes surviennent en cette fin d’été, les visages se tendent, les mines se renfrognent. Des yeux inquiets font des allers-retours entre le ciel d’averse et la rivière, dont on guette le gonflement ; on vérifie si l’eau n’y est pas trop boueuse, et puis vite, on rentre chez soi. Les souvenirs sont encore vifs dans la vallée de la Roya, située dans le département des Alpes-Maritimes, à la frontière de l’Italie. La tempête Alex qui s’est abattue il y a bientôt deux ans aura fait dix morts et huit disparus dans l’arrière-pays niçois.
Reportage issu de notre numéro « Êtes-vous éco-anxieux ? », disponible en kiosques, librairies, et sur notre boutique.

À l’approche de ce sinistre anniversaire, les souvenirs douloureux rejaillissent, la mémoire entre en ébullition. « Chaque jour, j’entends un nouveau récit sur la tempête », témoigne Odilon Gournay, bénévole des chantiers de reconstruction, aujourd’hui installé à Saorge, village haut perché relativement épargné. « Alex, c’étaient des tsunamis qui déferlaient des crêtes », rappelle-t-il. Les chiffres, colossaux, donnent une certaine idée du chaos : en quelques heures seulement, plus de 500 litres d’eau au mètre carré sont tombés, les rivières ont crû à plus de 8 mètres de hauteur, arrachant du sol une centaine de maisons. Une catastrophe climatique inédite, expliquée par la conjonction d’une haute température de la Méditerranée avec une masse d’air froid venue des hauteurs. Le cauchemar ne s’est pas arrêté aux seuls jours d’intempéries. Durant des mois, l’eau, l’électricité et la mobilité n’étaient plus choses acquises. Les journées des cinq villages sinistrés étaient rythmées par les ravitaillements opérés par hélicoptère.





Cet article est réservé aux abonné·es. Déjà abonné·e ? Connectez-vous.
Envie de lire la suite ? Pour profiter de l’ensemble de nos articles, abonnez-vous.
L’abonnement vous donne accès à l’intégralité de nos articles.