Dans le Puy-de-Dôme, Françoise Peyrissat et la passion des lichens

Écrit par Matthieu Le Goff. Publié le . Modifié le .Illustration par Photos : Matthieu Le Goff

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Ce qu’il y a de pratique avec les lichéno­logues, c’est une minutie hors du commun et un solide sens de l’organisation. Lorsque nous avons contacté Françoise Peyrissat par e-mail en lui expliquant le principe de la rubrique et notre volonté de découvrir avec elle l’état de la population de lichens de l’agglomération clermontoise, elle nous a d’abord répondu : « Je réfléchis. »

Cartographie des nuisances

L’époque est si peu coutumière de ce type de réflexe que sa réponse nous a d’abord semblé presque suspecte. Et puis l’on s’est rassuré : c’était une manière de nous préparer en installant un certain rapport au temps ; ces organismes pouvant facilement atteindre des âges vénérables de plusieurs centaines d’années, ils supporteraient sans doute mal la précipitation.

Article issu de notre n°75 « Peut-on être en désaccord sans se haïr ? », en kiosque et librairie, et sur notre boutique.

On avait vu juste : quelques jours plus tard, Françoise nous proposait un itinéraire minuté avec plusieurs arrêts bien choisis, coordonnées GPS et captures d’écran de carte IGN à l’appui. De quoi balayer en une boucle l’ensemble du spectre des lichens de l’aire de Clermont-Ferrand. Si Françoise est aussi précise, c’est qu’elle est devenue la référence locale d’un vaste programme de sciences participatives consacré à l’évaluation de la qualité de l’air par les lichens, baptisé « Lichens GO 1 ». Ces derniers sont en effet des organismes « bio-indicateurs » : ils renseignent sur la qualité de l’environnement.

En ­l’occurrence, le degré de pollution. Dans le cadre de ce programme, Françoise et ses collègues se focalisent sur les lichens en milieu urbain. Mais par amour du lichen, Françoise a prévu un crochet par une forêt préservée sur les hauteurs de Clermont, pour observer quelques spécimens rares, dits « patrimoniaux ». Comme un étalonnage sauvage avant de progressivement plonger vers le cœur de la cuvette clermontoise, là où la pollution réduit la diversité à quelques espèces supportant un peu mieux les effluves de l’activité urbaine.

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À propos de l’auteur·ice
Matthieu Le Goff
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