Pourquoi les pénuries d’oeufs sont loin d’être terminées

Écrit par Nolwenn Jaumouillé. Publié le . Modifié le .Illustration par Photo de Raiyan Zakariasur Unsplash

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Des saisies d’œufs illégaux qui auraient dépassé celles du fentanyl, des boîtes d’œufs vendues allant jusqu’à 19 dollars la douzaine, des habitants qui louent des poules pondeuses pour pallier le manque… Il y a un an, l’eggflation (contraction d’egg, « œuf » en anglais, et d’inflation) faisait les gros titres aux États-Unis, tandis que cette nation férue d’omelettes connaissait une pénurie historique et une flambée des prix.

Le phénomène inondait les réseaux sociaux de mèmes et les démocrates adressaient au président Donald Trump, qui en avait déjà fait un argument de campagne, une lettre pour réclamer qu’il agisse. Un an auparavant, en décembre 2023, Vladimir Poutine s’adressait à sa population pour la prier de l’excuser… du prix anormalement élevé des œufs.

Article issu de notre n°75 « Peut-on être en désaccord sans se haïr ? », en kiosque et librairie, et sur notre boutique.

Depuis quelques mois, c’est en France que les difficultés d’approvisionnement sont apparues dans le débat médiatique et politique, poussant la ministre de l’agriculture Annie Genevard à monter au créneau sur le sujet : avec des producteurs à la traîne et une grande distribution à la peine pour remplir ses rayons, l’autosuffisance en œufs de l’Hexagone, si elle reste élevée, a chuté entre 2024 et 2025 de 99,7 % à 95,8 %. Poussant la filière à annoncer en février qu’elle se fixait de nouveaux objectifs d’installation, soit 575 poulaillers supplémentaires d’ici à 2035, alors que le pays a produit près de 16 milliards d’œufs l’an dernier.

Les causes et les dynamiques qui sous-tendent ces tensions sur le marché de l’œuf en différents endroits du globe ne sont pas forcément les mêmes, mais leur multiplication apparaissent comme des « signaux faibles », analyse Florent Parmentier, géopolitologue au Centre de recherches internationales de Sciences Po Paris. Elles invitent à s’interroger sur une instabilité nouvelle du marché de l’œuf et sur ce qu’elle raconte de l’état du monde, dans le contexte d’incertitudes et de fragmentation qui l’agite.

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À propos de l’auteur·ice
Nolwenn Jaumouillé
Journaliste pigiste en presse écrite et web, société, environnement, internationalRetrouver tous ses articles.

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