Qui est Alexandre Pesey, l’homme de l’ombre de la bataille culturelle réactionnaire ?

Écrit par Anne-Sophie Simpere. Publié le . Modifié le .Illustration par Extraits de la chaîne YouTube TVLibertés. Octobre 2015.

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«En une génération, on peut tout changer. »1 Alexandre Pesey, qui se définit comme un « entrepreneur civique », se montre aujourd’hui très optimiste. Depuis vingt ans, il forme patiemment de jeunes leaders conservateurs pour renverser ce qu’il considère comme une hégémonie culturelle de la gauche en France.

Il a conçu sa mission en s’inspirant de la bataille culturelle menée depuis bien plus longtemps par les républicains aux États-Unis, pays où il s’est formé et dont il reste très proche.

Article issu de notre hors-série « Résister aux nouveaux fascismes », disponible en kiosque et librairie et à la commande.

Dans les pas d’Alexis de Tocqueville

Le destin d’Alexandre Pesey semble s’être joué en 1999. Au magazine L’Incorrect, il raconte avoir alors rencontré, au détour d’un cocktail, un colonel à la retraite. Constatant son goût pour la politique, l’homme lui aurait suggéré de suivre les pas d’Alexis de Tocqueville et d’aller découvrir la société civile des États-Unis. Un conseil qui fait mouche chez le jeune étudiant en droit puis en école de commerce : il part pour l’Amérique et commence un stage au Leadership Institute, un établissement de formation fondé par le militant républicain Morton Blackwell et fort d’un budget de 45 millions de dollars (en 2023).

Des générations de conservateurs états-uniens y ont été formées, de l’ancien vice-président Mike Pence à des activistes anti-avortement en passant par de nombreux journalistes de Fox News. On y travaille la prise de parole en public mais aussi les campagnes de mobilisation et les méthodes de levée de fonds. Alexandre Pesey dit en avoir ramené un réseau et des techniques.

Au podcast états-unien Going Big, en juin 2025, Alexandre Pesey raconte son admiration : « En 2000, le mouvement conservateur en France n’existait pas. La droite se concentrait sur les élections, mais pas sur les autres champs : le système judiciaire, les médias, l’art, la société civile… En allant aux États-Unis, j’ai vu un mouvement qui a construit un système alternatif à la gauche dès les années 1970. Et dans les années 1980, ils ont eu Reagan, quand nous on a eu Mitterrand. »

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À propos de l’auteur·ice
Anne-Sophie Simpere
Anne-Sophie Simpere est journaliste indépendante, coordinatrice de l’ONG Stop Killer Robots.Retrouver tous ses articles.

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