Éropolitique

Écrit par Victoire Radenne. Publié le . Modifié le .

Après s’être intéressée aux manifestations concrètes de l’écoféminisme au quotidien – chez l’esthéticienne, au restaurant, dans notre intimité… – dans son premier ouvrage Des paillettes sur le compost (Le Passager clandestin, 2022), la philosophe écoféministe Myriam Bahaffou livre un deuxième essai sur l’éropolitique, dans lequel elle décortique la force potentiellement révolutionnaire du désir et de l’érotisme.

L’autrice utilise des exemples précis dont l’exploration de l’écosexualité. Ici, il « ne s’agit pas de faire poser des femmes à poil devant des troncs d’arbre » mais plutôt de prendre conscience que « la nature est pétrie d’érotisme et que nous vivons des expériences écosexuelles » tous les jours : déguster une pêche juteuse, se faire caresser le dos par des rayons du soleil, frissonner quand on trempe nos jambes dans l’eau froide de la rivière… Elle évoque aussi le pouvoir du jeûne et de la danse, ou encore la performance de l’ultra-féminité et les écoféministes trash qui déjouent les obligations et diktats du « bloc monolithique de la féminité ».

Mais pourquoi se réapproprier le désir et le sexe dans nos luttes ? Myriam Bahaffou démontre qu’ils sont capturés par une économie capitaliste qui prône le désir-conquête et s’inscrit dans une économie machiste-porno de la jouissance à tout prix, et qui n’a rien d’émancipateur pour les minorités. Dans un phrasé plus conceptuel et abstrait que son premier ouvrage, elle développe l’idée selon laquelle, au-delà du simple désir sexuel, être écolo, c’est aussi retrouver sa capacité à éprouver du désir pour toutes les formes de vie, ainsi que pour le monde dans lequel nous vivons.

Éropolitique – Myriam Bahaffou – Le Passager clandestin → Avril 2025 – 288 pages – 22 €

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À propos de l’auteur·ice
Victoire Radenne
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