Née en Ukraine, marxiste et pacifiste, Angelica Balabanova (1877-1965) participa à tous les grands événements du XXe siècle. Celle qui est surnommée « la grand-mère du socialisme » a consacré sa vie à défendre ceux que le capitalisme exploite, dans les usines ou sur les champs de bataille.
« L’écologie décoloniale est un cri multiséculaire de justice et d’appel de monde », écrivait Malcom Ferdinand en 2019. L’écologie décoloniale s’inscrit en effet dans l’héritage de luttes mêlant l’impératif écologique à celui de justice pour les peuples colonisés et opprimés. Des manifestations pionnières pour la justice environnementale aux États-Unis au récent procès de Tran To Nga contre les fabricants de l’agent orange, retour en images sur six de ces combats emblématiques.
Marine Calmet est présidente et cofondatrice de l’association Wild Legal qui défend la reconnaissance de droits fondamentaux aux entités naturelles. Elle s’est battue aux côtés des peuples autochtones de Guyane contre le projet minier de la Montagne d’or. Dans l’ouvrage Décoloniser le droit (Wildproject, octobre 2024), elle tisse des liens entre la domination coloniale et la prédation de la nature et ouvre des pistes de réflexion pour rendre leurs droits à ceux à qui on les a déniés.
Des mégabassines à l’A69, des usines Lafarge aux cimes de La Clusaz, les Soulèvements de la terre multiplient les luttes et les actions contre l’artificialisation des terres, l’agro-industrie ou l’accaparement de l’eau. En 2024, le mouvement lance un appel, aux côtés de 150 organisations, pour lutter contre « l’empire Bolloré ». En dénonçant une « fascisation » du pays orchestrée par les médias du milliardaire, ils entendent exposer et atteindre son groupe tentaculaire. Entretien avec Paola* des Soulèvements de la terre.
De l’Afrique à l’Amérique latine en passant par l’Asie et les quartiers populaires d’Île-de-France, l’écologie décoloniale s'affirme comme un mouvement intersectionnel et international traversé par de multiples influences. Socialter a sélectionné sept figures emblématiques – pionnières et actuelles – qui entendent réparer la fracture tenace qui sépare les luttes environnementales des luttes décoloniales et continuent, aujourd’hui, de façonner ce courant de pensée.
Depuis le succès de L’Art de perdre (2017) la romancière et dramaturge Alice Zeniter déploie un propos engagé sur la colonisation, les silences et les replis identitaires qui en découlent. Autrice prolifique, elle questionne de longue date la place des femmes dans la fiction. Plus récemment, le dérèglement climatique et le rapport au vivant se sont à leur tour invités dans son œuvre. Socialter l’a rencontrée à l’occasion de la parution de son dernier roman, Frapper l’épopée, qui se déroule en Nouvelle-Calédonie. Quelques mois après les violences qui ont bouleversé l’archipel – fracturé par les clivages entre indépendantistes et loyalistes et une réforme constitutionnelle inattendue – son regard offre une nouvelle occasion d’interroger les conséquences écologiques et politiques du fait colonial.
Dans sa nouvelle chronique pour Socialter, la journaliste Salomé Saqué (Blast) analyse à travers le cas de Gisèle Pelicot les difficultés que rencontrent les femmes pour déposer plainte après une agression sexuelle.
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L’affaire du chlordécone est bien plus qu’un scandale sanitaire et environnemental. Malcom Ferdinand, ingénieur en environnement, chercheur en science politique au CNRS et figure centrale de l’écologie décoloniale en France, décortique dans son dernier livre S’aimer la terre. Défaire l’habiter colonial (Seuil, 2024) les mécanismes qui ont rendu pensable et possible l’usage prolongé de ce pesticide toxique et ses conséquences sur les populations antillaises. Documentant la fabrique de l’ignorance et les injustices environnementales, Malcom Ferdinand propose de repenser notre relation à la terre et aux êtres qui l’habitent dans les ruines polluées du capitalisme colonial.
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Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué