Au téléphone, Ulrike Erdmann n’était pas très partante. Et puis elle a fini par accepter, en ajoutant qu’elle avait refusé de parler à la presse jusqu’alors, et surtout sur le moment, dans les jours qui ont suivi l’incendie. Trop tôt, et, surtout, le sentiment d’avoir plus de questions que de réponses.
Quand on la retrouve, deux mois après l’incendie, la vie a repris, mais les questions sont toujours là et le traumatisme bien palpable. « On ne fait pas que pleurer, mais ça nous arrive. Il y a des gens qui ne vont pas bien. Un voisin m’a dit que sa femme redoutait beaucoup l’arrivée de l’hiver. Moi je lui ai dit tout le contraire, j’en ai tellement marre de l’été. » On a pris place à bord d’un 4×4. Ulrike s’engage sur la départementale qui quitte le village de Durban-Corbières, où elle habite, en direction de Coustouge, Fabrezan, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse et puis Ribaute. C’est des alentours de cette localité qu’est parti le méga-feu de début août 2025.
Article issu de notre n°73, disponible en kiosque, en librairie, à la commande et sur abonnement.

Un des plus gros incendies en France depuis plusieurs décennies, qui a ravagé près de 17 000 hectares, tué une femme, blessé une vingtaine de personnes et détruit 35 habitations. Et a profondément choqué toute une population aussi. Sur la route qui serpente dans un paysage lunaire, Ulrike poursuit : « La sécheresse, ça devient physique. Quand tu marches dans la vigne, ça ne t’accueille pas. C’est un milieu hostile. » Après un silence, elle ajoute : « C’est mon côté allemand peut-être. J’attends l’automne, le vert. »





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