A-t-on besoin de la déesse ?

Écrit par Jeanne Burgart Goutal. Publié le . Modifié le .

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Dès qu’on prononce le mot « écoféminisme », un paquet de clichés se tient prêt à surgir, comme s’il attendait au garde-à-vous. Essentialisme ? Spirituel ou politique ? Et les sorcières ? Vous pratiquez la magie ? Et les rituels ? La confusion est d’autant plus compréhensible que, ces derniers temps, on assiste à une recrudescence des thèmes ésotériques dans les revues et événements adressés aux femmes : numéro spécial « Divinatoire » de la revue Elle, hors-­série de Yoga Magazine sur le « Féminin sacré », Festivals du Féminin avec plus d’ateliers à tendance mystique que politique, stages non mixtes pour « éveiller son intuition » et « se reconnecter à sa nature profonde » par la méditation, l’astrologie ou le tarot… Pourtant, même sur Instagram, baromètre sans discernement des tendances actuelles, le hashtag #ecofeminisme renvoie finalement assez peu à ces clichés à la fois intrigants et suspects. On y trouve surtout des conseils de lecture, des chiffres sur les injustices environnementales, des évocations de luttes passées et présentes… En tout cas, les incompréhensions fleurissent. Comme me l’explique Claudia*, une danseuse écoféministe d’origine italienne : au pays de la laïcité que se targue d’être la France, il vaut mieux rester discrète sur l’articulation entre son engagement politique et ses pratiques spirituelles. Lorsqu’elle anime des cours dans des associations féministes, ses explications sur la puissance magique du corps féminin logée dans la zone sacrée du bassin soulèvent une grosse vague de méfiance. À l’inverse, lorsqu’elle propose des ateliers dans des festivals de bien-être, ce sont ses appels à opposer une résistance au pouvoir du « capitalisme patriarcal » qui créent le malaise. 

Corps et spiritualité

Si j’évoque Claudia, c’est qu’elle me semble assez représentative des tentatives de certaines écoféministes…

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À propos de l’auteur·ice
Jeanne Burgart Goutal
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