Haute-Loire : Marie-Rose Pommier, témoin de la disparition des champignons

Écrit par Matthieu Le Goff. Publié le . Modifié le .Illustration par Photos : Matthieu Le Goff

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Dans le pays de Brioude en Haute-Loire, terre promise de la fonge hexagonale en moyenne montagne, on n’a pas eu à chercher les meilleurs cueilleurs très loin. À l’auberge du bourg de Chassignolles où tout le monde s’attable à un moment ou à un autre, on nous a tout de suite parlé de Marie-Rose Pommier, mémoire locale et dealeuse de champignons attitrée des lieux.

La voilà d’ailleurs qui débarque dans sa petite auto tout-terrain. Elle pousse la porte de l’auberge, s’avance vers le comptoir et annonce à la tenancière, l’air vaguement conspirateur : « J’ai de très très belles choses dans le coffre, tu veux jeter un œil ? »

Article issu de notre n°67 « Résistances rurales », disponible en kiosque, en librairies et sur notre boutique.

Une toute petite diversité

Partir aux champignons avec Marie-Rose, c’est avant tout un moment de joie à l’état pur. Après quelques échanges prudents – comme de rigueur dans ces contrées où l’on se méfie des curieux et des flâneurs, il faut dire que la concurrence est rude dans les sous-bois – on a enfin obtenu un rendez-vous, « devant la maison aux volets roses, la deuxième en arrivant dans le hameau ». Un rapide tour du potager, une courte hésitation sur le panier du jour pour les photos – celui du dimanche ou le vieux tout rafistolé ? – et nous voilà dans les bois. Pas n’importe quels bois.

Marie-Rose les connaît tous autour de chez elle, ainsi que leurs propriétaires. En chemin, on longe une parcelle verte et touffue. « C’est le bois d’une copine cousine. Il faudrait le classer tellement il est caractéristique des forêts d’avant. Je l’aime beaucoup. Il y a de la vie, des petites mousses, des myrtilliers sauvages, des insectes… » Et Marie-Rose s’engouffre dans la végétation, avant même qu’on ait le temps de la questionner sur le contraste saisissant avec l’autre côté de la route : de hauts résineux s’élèvent en rang d’oignons au-dessus d’un sous-bois grisâtre et lugubre.

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À propos de l’auteur·ice
Matthieu Le Goff
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