Les syndicats, dernier rempart face à l’extrême droite ?

Écrit par Victoire Radenne. Publié le . Modifié le .Illustration par Illustrations : Florent Pierre

Cet article est réservé aux abonné·es.

Le soir du 6 octobre 2025, à Aix-en-Provence (13), les membres de l’intersyndicale des arts et du spectacle trinquent joyeusement à leur mission réussie : la salle de spectacle municipale 6MIC est vide de spectateurs. « Ils devaient recevoir 800 personnes, ils ont fini à une trentaine en visio », se félicite Magali Braconnot, membre du bureau national du Syndicat français des artistes.

Le lieu devait ce soir-là accueillir une nouvelle édition de la Nuit du bien commun1. Un énième gala de charité organisé par la structure cofondée par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, destinée à financer des associations comme La maison de Marthe et Marie, accusée de réaliser un lobbying anti-IVG2. L’événement avait d’abord été pressenti à Marseille, mais la municipalité avait refusé l’accès à un local en raison de la proximité idéologique des organisateurs avec l’extrême droite.

Article issu de notre hors-série « Résister aux nouveaux fascismes », disponible en kiosque et librairie et à la commande.

Ceux-ci se sont alors tournés vers le 6MIC, un lieu culturel public qui loue parfois sa scène à des clients privés pour renflouer sa trésorerie. Alertée, la mairie d’Aix-en-Provence a refusé de prendre position, au nom de la liberté d’expression. « On a d’abord pensé à faire une manifestation, mais ça leur aurait fait plus de publicité. Il fallait qu’on empêche la soirée d’avoir lieu », insiste Magali Braconnot.

La riposte syndicale s’est alors déployée en deux temps : d’abord, en prenant contact avec les techniciens embauchés, afin de les informer sur cette « soirée de charité » particulière. Une fois éclairés, les travailleurs se sont tous retirés, un à un. Mais l’équipe de la Nuit du bien commun risquait encore de recourir à des bénévoles ou à des techniciens de secours.

L’intersyndicale a donc adopté une autre stratégie : envoyer ses propres techniciens syndiqués. « Nos huit roadies (machinistes…

Cet article est réservé aux abonné·es. Déjà abonné·e ? Connectez-vous.

Envie de lire la suite ? Pour profiter de l’ensemble de nos articles, abonnez-vous.

L’abonnement vous donne accès à l’intégralité de nos articles.

Voir les offres d’abonnement

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À propos de l’auteur·ice
Victoire Radenne
Journaliste chez SocialterRetrouver tous ses articles.

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À lire aussi

« Un réseau de contre-surveillance citoyen s’est mis en place face à l’ICE »

« Un réseau de contre-surveillance citoyen s’est mis en place face à l’ICE »

Depuis l’investiture de Donald Trump aux États-Unis, les violences du Service de l’immigration et des douanes (ICE), chargé d’identifier les immigrés en situation irrégulière, explosent dans tout le pays. À Minneapolis, ville démocrate particulièrement visée où l’administration a déployé près de 3 000 agents à partir de décembre 2025, les habitants se sont organisés pour résister. Pour en témoigner, le rappeur Rafael Gonzalez, alias Tufawon, engagé dans de nombreux combats pour les droits humains, était de passage à Paris en avril 2026 dans le cadre d’une tournée internationale, aux côtés d’autres figures anti-ICE. Un périple visant à attirer notre attention sur le financement par les grandes banques européennes des technologies de surveillance et du système carcéral anti-immigration aux États-Unis. Entretien.

Par Christelle Gilabert

Planète Boum Boum : L’appel de la rave générale

Réservé aux abonné·es :Planète Boum Boum : L’appel de la rave générale

« Pas de retraités sur une planète brûlée… Retraites, climat, même combat ! » Depuis les manifestations contre la réforme des retraites, en 2023, difficile d’être passé à côté du morceau emblématique Planète brûlée qui accompagne la naissance du collectif Planète Boum Boum. Fondé dans le sillage d’Alternatiba Paris (renommé Action Justice Climat en 2024) la même année, ce collectif de « techno-activistes » enchaîne depuis les morceaux comme On veut du fret ferroviaire ou Tu remballes ton autoroute en cumulant des milliers d’écoutes en ligne. Leur mot d’ordre : « De la teuf dans les manifs, de la manif dans les teufs ! » DJ sets, chorégraphies enflammées dans les cortèges des manifestations, création de slogans et de chants… En mêlant revendications politiques et cultures festives, Planète Boum Boum contribue activement, depuis sa création, à redonner du souffle aux luttes écolos et sociales. Retour en images sur trois années de mobilisations placées sous le signe de la fête.

Par Léa Dang