« Réformiste et radicale » : Pourquoi la lutte contre EuropaCity l’a emporté

Écrit par Christelle Gilabert. Publié le . Modifié le .

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Au vu de leur situation géographique, ces terres, coincées entre une autoroute et deux aéroports du Val-d’Oise, semblaient condamnées à l’artificialisation. Comment expliquer une telle mobilisation pour les sauver ?

Dès 2010, à l’annonce du projet EuropaCity (un gigantesque centre commercial et de loisirs censé revitaliser les communes de Gonesse et alentour, NDLR), couplé à une gare du Grand Paris Express, un groupe de militants s’est très vite formé pour y résister.

En enquêtant, ces derniers ont mis au jour des documents témoignant de l’importance agricole cruciale de ces terres pour Paris, du fait de leur géographie, de leur qualité, mais aussi de leur histoire. Elles appartenaient à une ceinture maraîchère et céréalière qui s’étendait tout autour de la capitale jusqu’à Gonesse et avait permis de nourrir la ville pendant des siècles, jusqu’à la fermeture du marché des Halles en 1969.

Entretien issu de notre n°75 « Peut-on être en désaccord sans se haïr ? », en kiosque et librairie, et sur notre boutique.

Dès 2013, une étude de la Safer [Société d’aménagement foncier et d’établissement rural] 1 a établi que ces sols obtenaient parmi les meilleurs rendements d’Europe sans arrosage, ouvrant la voie vers une agriculture à la fois rentable et résistante à la canicule.

En 2018, des fouilles archéologiques de l’Institut national de recherches d’archéologie préventive (Inrap) ont également démontré que l’on cultivait des céréales sur ces terres depuis deux mille cinq cents ans ! Ces informations les ont confortés dans leur démarche visant à la fois à sauver un territoire patrimonial et à se projeter dans un idéal d’autonomie alimentaire pour l’agglomération parisienne.

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