Luttes : le retour de la grève de la faim

Écrit par Victoire Radenne. Publié le . Modifié le .Illustration par © DR
Thomas Brail, pendant sa grêve de la faim contre la construction de l'A69 en septembre 2022.

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Habituellement fréquenté par une clientèle lorgnant ses vitrines impeccables, le boulevard Saint-Germain est gagné par une énergie différente ce samedi de septembre. Au sommet d’un platane, un homme immobile, retenu par un baudrier, détourne toute l’attention. Sourcils froncés, les touristes s’en approchent avec prudence, trahis par les cliquetis de leurs appareils photo. Au pied de l’arbre, les plus convaincus campent depuis quelques heures déjà, sans lâcher d’un œil le ministère de la Transition écologique, situé sur le trottoir d’en face.

Entretien issu de notre numéro 61 « Reprendre les choses en main », en kiosque, librairie et sur notre boutique.

La revendication inscrite sur une immense banderole interpelle chaque passant : « Grève de la faim depuis le 31 août – #MoratoireA69 ». Avec treize autres militants écologistes, Thomas Brail, arboriste-grimpeur originaire du Tarn et créateur du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA), a cessé de s’alimenter pour obtenir l’abandon de la construction de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, qui menace d’artificialiser 400 hectares, dont les terres de 130 agriculteurs locaux. « La grève de la faim prend tout son sens : construire cette autoroute, c’est condamner des terres agricoles nourricières », précise Thomas Brail, qui y laissera douze kilos.

Affaiblir son corps pour renforcer la portée d’un message…

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À propos de l’auteur·ice
Victoire Radenne
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