Ces chrétiens de gauche qui refusent que l’extrême droite parle en leur nom

Écrit par Blandine Doazan. Publié le . Modifié le .
La Sagrada Familia, Kelly Latimore.

Cet article est réservé aux abonné·es.

Un soir de décembre 2025, une cinquantaine de personnes, majoritairement âgées de 20 à 40 ans, se pressent à l’entrée d’un foyer Jeunes pros (destiné à de jeunes chrétiens étudiants ou rentrés dans la vie active) situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Elles viennent assister à une soirée de formation du collectif chrétien Lutte et contemplation ayant pour thème : « Chrétiens et extrême droite – histoire et état des lieux ».

Dans la grande salle où tous et toutes prennent place trône une icône représentant Jésus, à côté de pancartes du collectif. Parmi les slogans : « L’Église n’est pas un manifeste identitaire », « Dieu n’a pas besoin de porte-paroles de la peur », ou encore « Notre foi est vivante ! Pas nostalgique ».

Article issu de notre hors-série « Résister aux nouveaux fascismes », disponible en librairie et à la commande.

À l’origine, Lutte et Contemplation est un groupe de prières rassemblant des chrétiens engagés sur les questions environnementales ; il s’est ensuite lancé comme collectif militant, en septembre 2023. Ses membres se sont notamment mobilisés contre le projet de pipeline de TotalEnergies en Ouganda et en Tanzanie1, ainsi que lors des COP 28, 29 et 30. « La politique de l’extrême droite et son projet sont absolument incompatibles avec la défense du vivant et des vivants, explique Flora, présente depuis le début. Nous sommes aussi dans un contexte de radicalisation des pratiquants catholiques, qui ont voté à près de 40 % pour l’extrême droite à la dernière présidentielle. »

Deux fois plus de vote Zemmour chez les catholiques pratiquants

Les chrétiens incluent certes aussi des protestants et des orthodoxes, qui représentent respectivement 3,1 % et 0,6 % de la population française2. Mais ce sont les habitudes de vote des catholiques qui interrogent. Plus d’un tiers d’entre eux, tous niveaux de pratiques confondus, ont voté pour Marine Le Pen ou Éric Zemmour lors de l’élection présidentielle de 2022. Et chez les pratiquants (les 3,3 millions d’adultes français qui vont à la messe au moins une fois par mois, soit 5,5 % de la population), 40 % se disent proches de la droite ou de l’extrême droite, dont 15 % proches du Rassemblement national (RN)3.

Cet article est réservé aux abonné·es. Déjà abonné·e ? Connectez-vous.

Envie de lire la suite ? Pour profiter de l’ensemble de nos articles, abonnez-vous.

L’abonnement vous donne accès à l’intégralité de nos articles.

Voir les offres d’abonnement

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À propos de l’auteur·ice
Blandine Doazan
Blandine Doazan est une journaliste indépendante, qui écrit principalement sur les questions sociales et sur l’écologieRetrouver tous ses articles.

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À lire aussi

« Un réseau de contre-surveillance citoyen s’est mis en place face à l’ICE »

« Un réseau de contre-surveillance citoyen s’est mis en place face à l’ICE »

Depuis l’investiture de Donald Trump aux États-Unis, les violences du Service de l’immigration et des douanes (ICE), chargé d’identifier les immigrés en situation irrégulière, explosent dans tout le pays. À Minneapolis, ville démocrate particulièrement visée où l’administration a déployé près de 3 000 agents à partir de décembre 2025, les habitants se sont organisés pour résister. Pour en témoigner, le rappeur Rafael Gonzalez, alias Tufawon, engagé dans de nombreux combats pour les droits humains, était de passage à Paris en avril 2026 dans le cadre d’une tournée internationale, aux côtés d’autres figures anti-ICE. Un périple visant à attirer notre attention sur le financement par les grandes banques européennes des technologies de surveillance et du système carcéral anti-immigration aux États-Unis. Entretien.

Par Christelle Gilabert

Planète Boum Boum : L’appel de la rave générale

Réservé aux abonné·es :Planète Boum Boum : L’appel de la rave générale

« Pas de retraités sur une planète brûlée… Retraites, climat, même combat ! » Depuis les manifestations contre la réforme des retraites, en 2023, difficile d’être passé à côté du morceau emblématique Planète brûlée qui accompagne la naissance du collectif Planète Boum Boum. Fondé dans le sillage d’Alternatiba Paris (renommé Action Justice Climat en 2024) la même année, ce collectif de « techno-activistes » enchaîne depuis les morceaux comme On veut du fret ferroviaire ou Tu remballes ton autoroute en cumulant des milliers d’écoutes en ligne. Leur mot d’ordre : « De la teuf dans les manifs, de la manif dans les teufs ! » DJ sets, chorégraphies enflammées dans les cortèges des manifestations, création de slogans et de chants… En mêlant revendications politiques et cultures festives, Planète Boum Boum contribue activement, depuis sa création, à redonner du souffle aux luttes écolos et sociales. Retour en images sur trois années de mobilisations placées sous le signe de la fête.

Par Léa Dang