Le plateau de Millevaches, en Limousin, est connu comme un territoire d’alternatives et de luttes écologiques et sociales. Dans le contexte réactionnaire actuel, ses habitants sont pris en tenailles entre une accélération des destructions environnementales et la stigmatisation des défenseurs du vivant.
Longtemps atomisées en une myriade de collectifs locaux, les luttes locales se regroupent de plus en plus ces dernières années en coalitions thématiques ou régionales. Victor Vauquois, de Terres de Luttes, fait le point sur cette dynamique qui permet aux combats locaux de gagner en puissance.
En renouant avec l’action directe de masse et en popularisant des luttes clairement en rupture avec le système capitaliste, les Soulèvements de la Terre ont, depuis 2021, transformé en profondeur le mouvement écologiste. Leur ligne de bataille est claire : se défendre contre l’artificialisation des sols et l’accaparement des terres et de l’eau. Pour cela, ils multiplient les tactiques, de l’occupation des terres au « désarmement » de l’industrie écocidaire, et tissent des alliances multiples au-delà des sphères écologistes. Pour Socialter, les militants Léna Lazare et Martin Fraysse reviennent sur l’évolution du mouvement, depuis les mobilisations contre les mégabassines et la tentative de dissolution en 2023 jusqu’aux plus récentes campagnes contre l’extrême droite et l’industrie militaire.
Dans la ville de Campi Bisenzio, près de Florence, une poignée d’ouvriers lutte depuis trois ans et demi pour maintenir l’emploi au sein de leur usine. Au fil du temps, ils ont réuni un soutien massif autour du projet de réindustrialisation écologique du site qu’ils ont conçu. Un plan qui n’a jamais été aussi près d’aboutir.
Sur la planèze de Saint-Flour, un collectif fourbit calmement ses armes contre un futur projet de carrière de diatomite porté par la multinationale Imerys. Chasseurs, pêcheurs, agriculteurs, naturalistes, habitants… Pour protéger la narse de Nouvialle, la zone humide menacée, la mobilisation est parvenue à susciter des alliances en apparence contre nature.
En 2022, deux fleurons de l’industrie de la microélectronique, STMicroelectronics et Soitec, ont annoncé un nouvel agrandissement de leurs usines dans la vallée du Grésivaudan (Isère). Face à une expansion continue depuis les années 1990, et à ses impacts délétères, la résistance s’organise. Le collectif d’habitants StopMicro compte bien avoir son mot à dire et a, en deux ans, réussi à rassembler bien au-delà de l’échelle locale. Entretien avec Mathilde, membre active du collectif depuis ses débuts.
Économiste altermondialiste, longtemps engagée à Attac, aujourd’hui membre de la rédaction de la revue en ligne Terrestres, dédiée aux écologies radicales, Geneviève Azam a suivi au plus près la lutte contre l’autoroute entre Toulouse et Castres. Elle en a tiré un essai, Il était une fois l’A69 (Cairn, 2024), coécrit avec le collectif La Voie est libre. Elle interroge pour Socialter le sens de la victoire juridique obtenue en février dernier par les opposants à l’A69, qui a conduit à la suspension des travaux. L’Etat et les concessionnaires ont depuis demandé la reprise du chantier, en attendant le jugement en appel sur le fond. La décision du tribunal administratif de Toulouse n’est pas connue au moment où nous publions cet article.
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Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué