Une nouvelle forme de lutte se développe pour favoriser l’installation d’espèces protégées sur des lieux menacés par des grands projets d’urbanisme. L’occasion de subvertir le terrain juridique tout en repensant ses liens au vivant par de nouvelles solidarités, y compris interespèces.
Les membres de Reprise de terres ont côtoyé au cours des dernières années nombre de collectifs déterminés et d’initiatives ingénieuses, déployant un large éventail de réflexions et d’actions pour contrer l’accaparement et la destruction des terres agricoles et des milieux vivants qui les rendent fertiles. Quatre tactiques principales, que Reprise de terres détaille dans ce texte de réflexions stratégiques, ont émergé de ces rencontres : le rachat de terres, la reprise de terres par l’usage, la bataille législative et juridique, l’action directe. Isolées, éparpillées, elles présentent toutes des limites. Mais pensées ensemble dans leur complémentarité, avec le maillage associatif, notamment le réseau InPact, qui favorise et rend possibles sur chaque territoire l’installation et la transmission paysannes, elles pourraient se renforcer mutuellement et constituer un levier puissant pour renverser la vapeur.
À Dijon, le quartier libre des Lentillères s’est installé sur des terres maraîchères qui appartiennent aujourd’hui à la métropole. Dans cet îlot illégal menacé par la bétonisation, on invente de nouvelles façons de vivre ensemble, mais aussi d’aménager et de défendre un territoire.
Dans sa chronique pour Socialter, la journaliste Salomé Saqué fait l'éloge de l'indignation comme un premier pas et un formidable moteur vers l'engagement.
Entre projets d’entrepôts logistiques et construction de lotissements, le Vaucluse subit une pression foncière continue. Les menaces qui pèsent sur les terres fertiles de ce département historiquement agricole ont suscité l’émergence d’un mouvement citoyen de contestation, qui alerte sur l’impact environnemental, alimentaire et hydrique d’une telle bétonisation.
Au cours du dernier siècle, agriculteurs et paysans n’ont cessé de se dresser pour défendre leurs terres, que ce soit de leur accaparement par quelques riches propriétaires ou des remembrements successifs visant à faciliter la mise en place d’une agriculture productiviste. La lutte se poursuit aujourd’hui contre l’artificialisation sans répit des terres agricoles, et prend de nouvelles formes.