Pensée binaire
À l’image des lignes de code de 0 et de 1, une vision binaire du monde a essaimé dans l’espace public. Si elle fleurit dans les cercles réactionnaires, elle s’invite aussi à gauche. Logiques partisanes, injonctions à choisir des positions caricaturales (ami ou ennemi, pro ou anti-viande, pro ou anti-voiture, etc.) nourrissent une hyperpolarisation des débats, décuplée par les bulles de filtre algorithmiques.
Cette vision « nous condamne à la rigidité, à une culture excluante qui écrase et violente, jusqu’à la déshumanisation. Alors que nous questionnons de multiples manières la binarité de nos adversaires politiques, nous l’acceptons, voire la valorisons fréquemment dans nos luttes », dénonce Sarah Durieux dans Militer à tout prix ? Pourquoi nos collectifs nous font mal et comment les soigner (Hors d’atteinte, 2025). Cette forme de paresse intellectuelle asphyxie aussi les discussions avec nos proches.



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