Le soir du 6 octobre 2025, à Aix-en-Provence (13), les membres de l’intersyndicale des arts et du spectacle trinquent joyeusement à leur mission réussie : la salle de spectacle municipale 6MIC est vide de spectateurs. « Ils devaient recevoir 800 personnes, ils ont fini à une trentaine en visio », se félicite Magali Braconnot, membre du bureau national du Syndicat français des artistes.
Le lieu devait ce soir-là accueillir une nouvelle édition de la Nuit du bien commun1. Un énième gala de charité organisé par la structure cofondée par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, destinée à financer des associations comme La maison de Marthe et Marie, accusée de réaliser un lobbying anti-IVG2. L’événement avait d’abord été pressenti à Marseille, mais la municipalité avait refusé l’accès à un local en raison de la proximité idéologique des organisateurs avec l’extrême droite.
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Ceux-ci se sont alors tournés vers le 6MIC, un lieu culturel public qui loue parfois sa scène à des clients privés pour renflouer sa trésorerie. Alertée, la mairie d’Aix-en-Provence a refusé de prendre position, au nom de la liberté d’expression. « On a d’abord pensé à faire une manifestation, mais ça leur aurait fait plus de publicité. Il fallait qu’on empêche la soirée d’avoir lieu », insiste Magali Braconnot.
La riposte syndicale s’est alors déployée en deux temps : d’abord, en prenant contact avec les techniciens embauchés, afin de les informer sur cette « soirée de charité » particulière. Une fois éclairés, les travailleurs se sont tous retirés, un à un. Mais l’équipe de la Nuit du bien commun risquait encore de recourir à des bénévoles ou à des techniciens de secours.



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