Bascules 2021

  • Alternatives

    Closing Worlds Initiative : concevoir les politiques de l’Anthropocène

    Imaginer des politiques publiques pour l’Anthropocène réclame de devoir gérer notre héritage d’infrastructures et de modèles économiques inadaptés à notre situation critique. Alexandre Monnin, Diego Landivar et Emmanuel Bonnet s’y attèlent concrètement à travers leur initiative Closing Worlds, menée avec l’équipe de chercheurs d’Origens Media Lab. À travers deux enquêtes menées dans ce cadre – sur l’arrêt de la construction neuve en Île-de-France et la gestion des équipements sportifs vieillissants –, ils esquissent des pistes afin d’hériter de ces « communs négatifs » dans un temps d’urgence écologique qui requiert, selon eux, une « nouvelle science de l’arbitrage public ».
  • Pensées critiques

    Pierre Crétois : pour une copossession du monde

    L’époque moderne, inspirée par la pensée libérale, a donné un caractère absolu à la propriété privée. Mais cette vision s’avère aujourd’hui obsolète et constitue un verrou majeur aux adaptations rendues nécessaires par les désastres écologiques, comme à l’indispensable mise en commun des ressources dont de plus en plus d’humains sont privés. Récusant cette approche qui rend possible l’appropriation du monde, le philosophe Pierre Crétois pose les bases d’une nouvelle définition de la propriété où les choses ne pourraient être que démocratiquement copossédées, et donc inappropriables à l’échelle des individus.
  • Vivant

    Jocelyne Porcher : « réincarner nos relations aux animaux de la ferme »

    Alors que l’élevage et l’abattage industriels scandalisent de plus en plus de citoyens, Jocelyne Porcher revient sur les origines de l’exploitation de masse des animaux de ferme. La directrice de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae) démontre que, loin d’être une dérive, l’atrocité de leur traitement est constitutive de l’apparition de la zootechnie, qui réduit ces bêtes au rang d’objets soumis à des impératifs industriels. S’élevant contre cette exploitation et son nouvel avatar progressiste qu’est l’agriculture cellulaire, elle appelle à sortir de cette relation pathologique aux animaux de ferme grâce à un retour à l’élevage paysan.
  • Prédations

    Réservé aux abonné·es :Anselm Jappe : après le béton

    Matériau de construction favori du capitalisme, le béton apparaît comme le symbole d’une logique destructrice, qui enlaidit et uniformise le monde tout en épuisant ses ressources. Anselm Jappe rebondit sur son dernier essai, Béton. Arme de construction massive du capitalisme (L’Échappée, 2020), pour dessiner les contours d’une nouvelle architecture heureuse. Celle-ci s’appuie autant sur l’urbanisme poétique et ludique de l’utopie situationniste de Guy Debord, dont il est spécialiste, que sur la puissance créative émanant de l’intelligence collective qui a façonné des architectures éblouissantes, comme sur le littoral méditerranéen.
  • Pensées critiques

    Annie Lebrun et Juri Armanda : au-delà du vide

    À partir de la récente vente à prix d’or d’une œuvre d’art numérique, Annie Le Brun et Juri Armanda poursuivent leur réflexion sur les images et leur accaparement par le capital entamée dans Ceci tuera cela (Stock, 2021). Ladite œuvre, assemblage de cinq mille images, incarne une production du rien révélatrice de ces nouveaux « marchés du vide » créés par le capitalisme actuel qui, du « zéro émissions » au « sans gluten », colonisent tous les pans de notre vie. À cette nouvelle éthique de consommation pseudo-écologique, les deux essayistes opposent la beauté inappropriable de la nature, en laquelle ils appellent à puiser une force de liberté pour résister à l’asservissement marchand.
  • Pensées critiques

    Bruno Latour : la lutte des classes sera géosociale

    Référence mondiale de la pensée en écologie, Bruno Latour approfondit dans le texte qui suit le concept de « classe géosociale » esquissé dans son dernier essai, Où suis-je ? (La Découverte, 2021). Le philosophe et anthropologue de la modernité dessine ainsi les contours d’une nouvelle classe écologique qu’il appelle de ses vœux, et dont la préoccupation ne serait plus de veiller à la seule production économique, mais aux conditions de reproduction de la vie.

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