Le sophisme : l’art d’avoir toujours raison

Écrit par Philippe Vion-Dury. Publié le . Modifié le .

De tous les poisons pour le débat public, le sophisme est certainement le plus violent. Sophisme : un procédé rhétorique fallacieux, une proposition qui a l’apparence de la vérité mais est destinée à tromper. Pour le dire plus simplement, à la manière de Schopenhauer, c’est tout simplement « l’art d’avoir toujours raison ». Le sophiste de plateaux télé a deux règles d’or : toujours masquer qu’il défend un camp politique ou une idéologie spécifique ; être prêt à dire n’importe quoi pour le défendre. Le sophiste étant un adversaire sérieux, musclons notre jeu en 1v1 avec Raphaël Enthoven. D’abord, démasquer la règle numéro 1 en montrant que Raphaël défend l’ordre bourgeois. Ses cibles sont : la plèbe, les populistes, les gauchistes, les Gilets jaunes – même s’il mène par ailleurs un combat courageux et solitaire contre les antisémites et les homophobes.

En revanche, le pouvoir doit « savoir déplaire », il n’y a pas de racisme systémique en France, le féminisme est volontiers « misandre » et, d’ailleurs, la bourgeoisie n’est pas une catégorie sociologique ou une classe mais une « disposition de l’esprit ». Ensuite, s’attaquer à sa règle numéro 2 et montrer que Raphaël est prêt à dire n’importe quoi pour ne pas soutenir un candidat menaçant pour la bourgeoisie. Par exemple, lorsqu’on lui demande en 2017 ce qu’il pense des abstentionnistes au deuxième tour Le Pen-Macron : « Ce sont des feignants et des ingrats qui négligent les acquis que d’autres ont payés de leur vie. Ce sont des gagne-petit qui veulent des droits sans devoirs, des malhonnêtes, des irresponsables qui s’en remettent à des gens qu’ils n’ont pas élus. » Et en 2022, que ferait-il en cas de second tour Zemmour-Mélenchon ? « Je m’abstiendrai, tout simplement. […] S’abstenir c’est encore s’engager. » On a le droit de changer d’avis. Comme de chemise. 

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