Pierre Odin : « L’inégalité raciale est frappante au sein des sociétés antillaises »

Écrit par Clea Chakraverty. Publié le . Modifié le .Illustration par © Clea Chakraverty
Manifestations contre la vie chère aux Antilles, à Paris le 10 novembre 2024.

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Le récent mouvement contre la vie chère s’est constitué autour d’une figure charismatique, Rodrigue Petitot, dit « le R », et du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC). Comment expliquer l’émergence de ces figures qui rompent avec celle du type syndicaliste ou politique ?

En 2009, lorsque les mouvements de contestation ont émergé, il est vrai que le syndicaliste Élie Domota s’était imposé comme une figure incontournable en Guadeloupe et au-delà. Mais c’était autant dû à son activité de leader syndical qu’à ses origines sociales : un militantisme culturel et chrétien avec un fort ancrage populaire. Son syndicat, indépendantiste, l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), a porté la voix des luttes anticoloniales et ne faisait d’ailleurs pas toujours consensus parmi la population.

Article issu de notre n°67 « Résistances rurales », disponible en kiosque, en librairies et sur notre boutique.

Malgré les différends idéologiques, la légitimité sur laquelle s’appuie Rodrigue Petitot, un anonyme au parcours accidenté, sans ancrage politique, au parler populaire et créole, est assez proche. Ce dernier est d’ailleurs surnommé le « R », initiale qui renvoie aussi bien à son prénom qu’au nom du collectif. C’est une figure populaire qui se distingue dans des moments où l’autorité légitime entre en crise, en l’occurrence les élites qui administrent la Martinique et la Guadeloupe, notamment celles issues de l’Hexagone. Élie Domota comme Rodrigue Petitot se démarquent du patronat béké et des représentants de l’État français qu’ils dénoncent, et leur parole trouve de fait une large audience.

Cette mobilisation contre la vie chère, ses modes d’action, trouvent un écho très fort auprès de la diaspora et ailleurs dans les Antilles, est-ce historique ?

La mobilisation ultramarine sur le territoire hexagonal a toujours été importante. Rappelons qu’environ un million d’Antillais vit aux Antilles, et un autre million, originaires ou descendants, en Hexagone, conservant souvent un lien au territoire, ce qui entraîne des mobilisations très suivies.

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À propos de l’auteur·ice
Clea Chakraverty
Clea Chakraverty est journaliste et rédactrice en chef adjointe du magazine Socialter.Retrouver tous ses articles.

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