Manuel de sabotage : trois cas pratiques

Écrit par Socialter. Publié le . Modifié le .Illustration par Illustrations : Marine Benz

1- Éteindre les devantures de commerce 

Pourquoi ?

À cause de la pollution lumineuse, on estime que la Voie lactée n’est plus visible pour deux tiers de l’humanité. Sans compter sur la gabegie énergétique que l’éclairage urbain représente, ou sur les profonds bouleversements qu’il génère sur les cycles et les migrations des oiseaux, des insectes et des mammifères. Quel est l’intérêt, en effet, de laisser allumer toute la nuit une devanture de magasin, comme c’est le cas dans de nombreuses zones commerciales ? 

Qui fait ça ?

Le Clan du Néon, collectif fondé à Paris en 2007. Voir aussi les actions « Lights Off », du Wizzy Gang, collectif rennais de parkour.

1. Fabrique ta propre perche d’extinction. Le plus simple est d’utiliser un manche à balais et d’accrocher un cintre à son extrémité avec du bon Scotch. Variante : tu t’inscris à un club de parkour ou de basketball, et tu apprends à sauter hyper haut.

Retrouvez le reste de nos illustrations dans notre hors-série L’Écologie ou la mort, disponible sur notre site. 


2. Depuis 2018, les devantures lumineuses doivent être éteintes entre 1 h et 6 h du matin. Certaines enseignes ne respectent pas cette règle. À vous de les dénicher !

3. Les commerces sont obligés d’être équipés, à l’extérieur du bâtiment, d’un boîtier « inter-pompier » de coupure de l’électricité, qui peut être situé en hauteur.

4. Il suffit d’actionner le levier à la main, ou grâce à la perche si celui-ci est trop haut, pour éteindre la devanture.

2 – Détourner un panneau publicitaire d’abribus

Pourquoi ?

Omniprésente dans un espace qui n’a plus de public que le nom, la publicité nous enjoint quotidiennement à consommer, gaspiller, polluer. Si le mobilier urbain est aujourd’hui couvert de réclames, certains activistes ont trouvé un moyen facile de reprendre le contrôle de ces encarts pour y substituer des messages plus… subversifs. À vos pinceaux !

Qui fait ça ?

Les Déboulonneurs, collectif antipub présent dans de nombreuses villes de France. Voir aussi le site internet antipub.org pour se documenter et télécharger des visuels et affiches de substitution.

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1. Utilise une clef (H60, Allen ou Bitoniau) pour ouvrir le panneau. Les serrures sont situées de chaque côté.

2. Tourne dans le sens indiqué en t’assurant que la bonne clef est enclenchée.

3. Appuie doucement sur le panneau et soulève-le grâce aux pistons.

4. Pour retirer l’affiche d’origine, roule-la vers le haut et tire dessus d’un coup sec.

5. Tu peux ensuite détourner le poster ou te servir du recto pour réaliser ta propre affiche antipub !

6. Insère la nouvelle affiche en la scotchant.

7. Referme le panneau et dirige-toi vers ta prochaine cible.

3 – Saboter la surveillance de masse en camouflant son visage

Pourquoi ?

En France comme dans de nombreux pays, il est interdit de dissimuler son visage dans les lieux et espaces publics. Alors que les dispositifs de reconnaissance faciale et de vidéosurveillance étendent inexorablement leur maillage sur le territoire, duper ces technologies apparaît indispensable pour préserver son anonymat au quotidien, mais aussi lors de manifestations ou d’autres opérations de sabotage. Fort heureusement, pas besoin de revêtir l’uniforme du cortège de tête pour y échapper.

Qui fait ça ?

Le Dazzle Club, collectif d’artistes londoniens. Voir également le site internet cvdazzle.com.

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1. Munis-toi d’un kit de maquillage à base d’eau (les maquillages à base d’huile absorbent les gaz lacrymogènes et sont donc à éviter).

2. Pour brouiller les algorithmes de reconnaissance faciale, tu dois recouvrir ces cinq points qui sont utilisés pour identifier ton visage.

3. Dessine des surfaces géométriques de différentes tailles, formes et couleurs de manière à dissimuler l’emplacement de ces cinq points. Sois créatif !

4. Tu peux parachever le tableau en dissimulant une partie de ton visage avec tes cheveux, ou en collant des bijoux de peau, ce qui perturbera encore plus les algorithmes.

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