Les membres de l’association Hameaux Légers rêvaient de trouver un terrain où implanter leur projet d’écohameau. C’est chose faite : ce sera à Saint-André-des-Eaux, minuscule commune de 339 habitants située dans les Côtes-d’Armor. C’est lors d’une rencontre autour de l’habitat réversible, coorganisée le 1er octobre 2020 avec le réseau engagé Bruded, une association de maires ruraux bretons, que l’équipe a fait la rencontre des élus de Saint-André-des-Eaux. « Ils étaient à la recherche de repreneurs pour le café l’Éprouvette, mis en vente depuis deux ans, témoigne Xavier Gisserot, cofondateur des Hameaux Légers. Ils nous ont fait comprendre que si ce commerce fermait, c’était la commune qui mettait la clef sous la porte. » Le groupe d’amis aux professions variées et issus principalement de milieux urbains y a trouvé le Graal : un bail emphytéotique – le premier de la région pour ce type de projet.
Trois ans plus tôt, l’association Hameaux Légers fait la rencontre d’Alain Gibert, alors maire de Rocles, une petite commune d’Ardèche. C’est lui qui tente pour la première fois de créer un cadre légal à ce type de projet : « Il y a sept ans environ, bon nombre de personnes aux revenus modestes ont souhaité s’installer dans la commune, se remémore l’ancien édile. Il n’était pas question de construire une zone pavillonnaire et nous avions dépassé les quotas subventionnés pour la construction de logements sociaux. De là est venue l’idée de construire des hameaux pour accueillir cette nouvelle population. » Alain Gibert propose alors de mettre à disposition des terrains communaux sous un bail emphytéotique, un contrat immobilier qui peut durer de 18 à 99 ans. Le terrain est donc loué par la commune, mais les habitations, elles, restent la propriété des locataires, justement parce qu’elles sont mobiles ou facilement démontables, contrairement aux immeubles classiques. Cela constitue tout l’intérêt de la démarche pour Xavier : « À travers notre association, nous œuvrons pour faciliter l’accès à la propriété d’habitats choisis et durables, en dissociant l’habitat et la terre. Si accéder à la propriété est rassurant et sécurisant, nous croyons en revanche que la terre ne nous appartient pas. » En s’inspirant des initiatives d’Alain Gibert, les membres des Hameaux Légers ont réussi à obtenir l’accord de la mairie de Saint-André-des-Eaux pour signer un bail emphytéotique de 80 ans pour un loyer de 50 euros par mois et par foyer, en échange de la reprise du café du bourg.
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