Reposséder le monde

Écrit par Youness Bousenna. Publié le . Modifié le .

Après La Part commune (Amsterdam) en 2020, le philosophe Pierre Crétois poursuit patiemment son travail de démolition de la propriété privée. Ce premier opus proposait une critique de ses fondements philosophiques et juridiques. Dans La Copossession du monde, ce maître de conférences à l’université Bordeaux-Montaigne attaque son sujet par un nouvel angle : il prend comme objet le corpus de textes, plutôt économiques, qui ne justifient pas la propriété privée comme bonne en soi mais la défendent comme le seul moyen de créer un ordre politique libre et prospère.

Du Léviathan (1651) de Thomas Hobbes à « La tragédie des communs » (1968) de Garrett Hardin, Pierre Crétois s’attaque à la racine de ces argumentaires justifiant une approche absolutiste de la propriété, où la possibilité d’en jouir exclut autrui comme ce qui compose son environnement. Cette critique est le prélude à l’élaboration d’une proposition alternative, qui prend ici les traits d’une « République des biens communs » considérant la propriété « non comme la base première de la vie en communauté, mais, au contraire, comme une modalité du commun ». Un commun qui excéderait largement les seuls citoyens, puisque Pierre Crétois développe une stimulante « approche écosystémique de la propriété », qui ferait place aux interactions et interdépendances entre humains et autres qu’humains.

La Copossession du monde. Vers la fin de l’ordre propriétaire, Pierre Crétois, Amsterdam,  17 février 2023, 232 pages, 18 €.

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Youness Bousenna
À propos de l’auteur·ice
Youness Bousenna
Journaliste. Son travail apparait notamment dans Telerama, Socialter, Le Monde, Limite. Il est également l’auteur de Albert Camus, l’éternité est ici (Première partie, 2019).Retrouver tous ses articles.

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