Église de la Très Sainte Consommation : au nom du Pèze

Écrit par Vincent Bresson. Publié le . Modifié le .Illustration par Photos : Stéphane Dubromel

Cet article est réservé aux abonné·es.

En ce 1er Mai à Lille, le traditionnel cortège qui célèbre la journée internationale des travailleurs s’élance, comme chaque année, de la porte des Postes pour rallier la place de la République. Slogans anti-Macron, effluves de barbecue, pancartes bariolées et chasubles syndicales forment la toile de fond de ce rendez-vous inoxydable : celle de la manifestation, où se mêlent joie et hargne, allégresse et revendications. Dans cette scénographie familière, un homme fait tache. Affublé d’une soutane noire, il harangue la foule qui défile.

Article à retrouver dans notre dossier « La joie malgré les défaites », en kiosques en juin-juillet et sur notre boutique en ligne !

Soudain, une jeune femme tombe en adoration à ses pieds, comme touchée par la grâce. Le prélat au col romain et au bandana Nike savoure cet instant en la toisant, puis lui ordonne de baiser ses chaussures dorées. La fille agenouillée s’exécute sur-le-champ, puis le pontife, sur un air autoritaire, reprend son sermon : « Prenez exemple, rampez devant le grand capital ! » Les dents autour du prédicateur scintillent et le cercle de paroissiens s’agrandit. « C’est bien, vous êtes 36 », lance-t-il, goguenard, à l’adresse des syndicalistes qui défilent devant lui sans s’arrêter. Il poursuit : « Résignez-vous ! Mon poulain Emmanuel Macron a gagné, rentrez chez vous ! » 

Mi-amusés, mi-étonnés, les manifestants saisissent les tracts que le « Pap’40 » et les fidèles de l’Église de la Très Sainte Consommation leur tendent. Parmi leurs propositions : distribuer des Kärcher…

Cet article est réservé aux abonné·es. Déjà abonné·e ? Connectez-vous.

Envie de lire la suite ? Pour profiter de l’ensemble de nos articles, abonnez-vous.

L’abonnement vous donne accès à l’intégralité de nos articles.

Voir les offres d’abonnement

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À propos de l’auteur·ice
Vincent Bresson

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À lire aussi

« Un réseau de contre-surveillance citoyen s’est mis en place face à l’ICE »

« Un réseau de contre-surveillance citoyen s’est mis en place face à l’ICE »

Depuis l’investiture de Donald Trump aux États-Unis, les violences du Service de l’immigration et des douanes (ICE), chargé d’identifier les immigrés en situation irrégulière, explosent dans tout le pays. À Minneapolis, ville démocrate particulièrement visée où l’administration a déployé près de 3 000 agents à partir de décembre 2025, les habitants se sont organisés pour résister. Pour en témoigner, le rappeur Rafael Gonzalez, alias Tufawon, engagé dans de nombreux combats pour les droits humains, était de passage à Paris en avril 2026 dans le cadre d’une tournée internationale, aux côtés d’autres figures anti-ICE. Un périple visant à attirer notre attention sur le financement par les grandes banques européennes des technologies de surveillance et du système carcéral anti-immigration aux États-Unis. Entretien.

Par Christelle Gilabert

Planète Boum Boum : L’appel de la rave générale

Réservé aux abonné·es :Planète Boum Boum : L’appel de la rave générale

« Pas de retraités sur une planète brûlée… Retraites, climat, même combat ! » Depuis les manifestations contre la réforme des retraites, en 2023, difficile d’être passé à côté du morceau emblématique Planète brûlée qui accompagne la naissance du collectif Planète Boum Boum. Fondé dans le sillage d’Alternatiba Paris (renommé Action Justice Climat en 2024) la même année, ce collectif de « techno-activistes » enchaîne depuis les morceaux comme On veut du fret ferroviaire ou Tu remballes ton autoroute en cumulant des milliers d’écoutes en ligne. Leur mot d’ordre : « De la teuf dans les manifs, de la manif dans les teufs ! » DJ sets, chorégraphies enflammées dans les cortèges des manifestations, création de slogans et de chants… En mêlant revendications politiques et cultures festives, Planète Boum Boum contribue activement, depuis sa création, à redonner du souffle aux luttes écolos et sociales. Retour en images sur trois années de mobilisations placées sous le signe de la fête.

Par Léa Dang