Anders, Selek, Michel… Trois voix pour une écologie antimilitariste

Écrit par Christelle Gilabert. Publié le . Modifié le .Illustration par Illustration : Elie Huault

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 Günther Anders – Le prophète

Né en 1902 dans une famille d’intellectuels juifs allemands, Günther Anders est un philosophe engagé, connu pour son grand pessimisme. Penseur de l’urgence et de la catastrophe, il côtoie de nombreuses figures intellectuelles comme Hannah Arendt (dont il a été le premier mari), Walter Benjamin ou Bertolt Brecht, mais chemine toute sa vie hors des sentiers académiques classiques.

Philosophe sans chaire, intellectuel sans institution, face aux barbaries du XXe siècle, il choisit l’essai, le journal, la poésie ou l’intervention publique comme lieux d’expression de sa radicalité et de son indignation.

Article issu de notre n°72 « L’industrie de la destruction » disponible en kiosque, librairie, à la commande et sur abonnement.

Fuyant le nazisme en 1933, il s’exile à Paris, puis à Los Angeles, avant de revenir s’installer à Vienne, en Autriche, dans les années 1950. La Shoah, puis le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki, le traumatisent à vie. L’arme atomique permet désormais ce qu’il nomme un « globocide », soit la destruction de l’humanité par la bombe, qu’il relate dans Hiroshima est partout : « Le 6 août 1945 fut le jour zéro. Le jour où il a été démontré que l’histoire universelle ne continuera peut-être pas. »

Ses préoccupations donnent lieu à d’autres réflexions sur la capacité d’autodestruction de l’humain comme dans L’Obsolescence de l’homme (1956), un réquisitoire majeur contre l’époque où la puissance des technologies dépasse leurs inventeurs, crée une distance avec le réel qui absout l’usager de toute responsabilité. C’est ce phénomène qu’il nomme le « décalage prométhéen », concept phare de sa pensée, qui « nous empêche d’empêcher ».

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