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Au beau milieu des terres rouges et arides d’Ibiza, Paola Hivelin assemble fruits, graines et grelots, conçoit un « réseau mycorhizien » – réseau se formant lorsque les racines de deux arbres sont reliées par un champignon, permettant ainsi le partage des ressources. « Les femmes et la nature ont un ennemi commun : l’impunité de l’homme blanc cis hétéro », ponctue la plasticienne entre deux couches de peinture pourpre. Sur son crâne à demi-rasé, tatouées à l’encre noire les lettres W, I, T, C, H : Paola est une sorcière et vit dans un coven1, une sorte de sanctuaire partagé par quelques semblables.
En 2016, elles sont une poignée de peintres, écrivaines, photographes, musiciennes à former le collectif Gang of Witches. « On a voulu créer un espace artistique qui s’éloigne chaque année un peu plus du système capitaliste et patriarcal », explique-t-elle. La communauté pluriartistique – éclatée entre Paris, Toulouse et Ibiza – revendique des valeurs écoféministes, interprétées librement par chaque membre. Paola Hivelin et Sophie Rokh, résidentes permanentes de leur coven insulaire, cultivent leur « sorcière intérieure, par l’introspection, la méditation, en remettant du sacré dans les petits gestes du quotidien ».
Fans de Starhawk, elles « relocalisent leur approche artistique », s’inspirent de ce qui les entoure : « la pluie, les insectes, le cheminement de ce qui arrive entre nos mains », détaille Paola.
Si les deux sorcières vivent aujourd’hui relativement recluses, l’ensemble du collectif publiait en 2020 l’ouvrage Gaia Rising (disponible gratuitement sur le site de Gang of Witches, ndlr) où des clichés de femmes nues enlaçant la mousse des arbres côtoient une fiction technocritique, des interviews d’activistes et des citations d’Audre Lorde
Si les deux sorcières vivent aujourd’hui relativement recluses, l’ensemble du collectif publiait en 2020 l’ouvrage Gaia Rising (disponible gratuitement sur le site de Gang of Witches, ndlr) où des clichés de femmes nues enlaçant la mousse des arbres côtoient une fiction technocritique, des interviews d’activistes et des citations d’Audre Lorde







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