Douglas Rushkoff : « Ce que les ultra-riches veulent, c’est être seuls »

Écrit par Caroline Vinet. Publié le . Modifié le .Illustration par Illustration : Rakhmat Jaka Perkasa

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Votre livre s’ouvre sur une anecdote. Vous êtes invité dans un complexe hôtelier de luxe en plein désert pour parler du « futur de la technologie » – c’est sans doute l’intervention la mieux payée que vous ayez jamais faite, vous le reconnaissez – mais les choses ne se passent pas exactement comme prévu…

Les gens savent qui je suis quand ils m’invitent : un penseur humaniste très critique envers les grandes industries de la tech, même si je reste passionné par les potentiels qu’offre la technologie aux humains. Je suis moins enthousiaste en revanche concernant la voie empruntée par la Silicon Valley et les investisseurs sur le sujet. Généralement, ils m’invitent donc pour jouer le rôle de l’intellectuel dominateur, celui qui vient pour les punir… Ils aiment ça ! Je me dis parfois que c’est une manière pour eux de payer leur dette à la société. Bref, je pensais que ce serait une invitation de cet ordre-là. J’étais dans ce qu’on pourrait appeler la loge des artistes à attendre que le gars de la sono vienne me chercher quand ces gars se sont pointés. 

Entretien à retrouver dans notre numéro 57 « Manger les riches ? », disponible en kiosque et sur notre boutique ! 

Qui étaient-ils ? 

Je ne vais pas vous le dire ! Ils étaient cinq, des hommes âgés de 50 ou 60 ans, sauf peut-être un plus jeune. Trois d’entre eux géraient des fonds spéculatifs, un était dans la banque et le dernier possédait une entreprise de technologies. Tous étaient milliardaires ou proches de l’être – mais ce n’étaient pas les plus connus, du genre Elon Musk ou Peter Thiel.

Ils se sont mis à me poser des questions : « Rushkoff, dis-nous où placer notre argent. Vaut-il mieux parier sur la réalité augmentée ou la réalité virtuelle ? Vaut-il mieux investir dans le bitcoin ou Ethereum ? » Et puis… « Alaska ou Nouvelle-Zélande ? » Ils voulaient dire : où installer leurs bunkers. Et le reste de l’heure a tourné autour de cette question, à savoir comment survivre à ce qu’ils appelaient l’« événement » : la catastrophe climatique, une crise économique, une pandémie, la fin du monde tel qu’on le connaît, en somme, et qui les forcerait à survivre par eux-mêmes.

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À propos de l’auteur·ice
Caroline Vinet
Journaliste à La Vie Hebdo et Réforme Hebdo.Retrouver tous ses articles.

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