Le coltan : « Germinal » dans ton smartphone

Écrit par Hélène Seingier-Barros. Publié le . Modifié le .

Cet article est réservé aux abonné·es.

Cette histoire a des airs de Blood Diamond, le glamour hollywoodien en moins. Le décor : des collines verdoyantes de l’Afrique des Grands Lacs, une terre immensément riche… et des miséreux – enfants compris – qui creusent le sol comme un gruyère, dans l’espoir de dénicher quelques miettes de trésor minéral. Aux alentours, des hommes en uniforme rodent, arme automatique en bandoulière. Miliciens ou rebelles, ils s’arrogent une partie des pépites du sous-sol pour financer un conflit qui dure depuis les années 1990, dans l’indifférence mondiale : la guerre à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), aux portes du Rwanda.

Article issu de notre numéro 61 « Reprendre les choses en main », en kiosque, librairie et sur notre boutique.

Le « minerai de conflit » qui nous intéresse ici n’est pas le diamant rose qui rend fou Leonardo DiCaprio dans le film d’Edward Zwick. Au fond de leurs galeries de fortune ou dans les cours d’eau, les « creuseurs » congolais cherchent des graviers de couleur grise : du coltan, alias colombo-tantalite. Une fois exporté dans des conditions douteuses, une fois traité à l’acide fluorhydrique ultra polluant, une fois raffiné pour être débarrassé de son fer et de son manganèse, le coltan révèlera enfin ses joyaux : le tantale et, comme sous-produit de l’opération, le niobium. Deux métaux classés « matières premières critiques » par la Commission européenne, en raison de leur importance économique et d’un risque élevé de pénurie d’approvisionnement.

Difficilement séparables au sein du coltan, le tantale et le niobium sont liés jusque dans leurs appellations. Baptisé en 1846, le niobium doit en effet son nom à Niobé, une figure de la mythologie grecque dont le père n’est autre que le demi-dieu Tantale. Grâce à ses performances mécaniques, le niobium est utilisé comme ingrédient de l’acier – on le trouve dans la structure du viaduc de Millau ou dans la tuyauterie des pipelines. Mais vous recourez aussi à ses services…

Cet article est réservé aux abonné·es. Déjà abonné·e ? Connectez-vous.

Envie de lire la suite ? Pour profiter de l’ensemble de nos articles, abonnez-vous.

L’abonnement vous donne accès à l’intégralité de nos articles.

Voir les offres d’abonnement

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À propos de l’auteur·ice
Hélène Seingier-Barros
Journaliste spécialisée sur l’écologie et membre du comité de rédaction de Le 1 Hebdo, elle a publié notamment deux ouvrages à propos du plastique : « Plastique, le grand emballement » (Stock, 2020) et « Réduire son empreinte plastique » (Ulmer, 2023).Retrouver tous ses articles.

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À lire aussi