Carboducs : Comment l’Europe veut enterrer son CO2

Écrit par Floriane Louison. Publié le . Modifié le .Illustration par Illustrations : Florent Pierre

Cet article est réservé aux abonné·es.

En surface, il y a un champ de maïs, une route départementale ou la mer Méditerranée. Mais dans les sous-sols, un réseau invisible à l’œil nu se déploie. D’immenses canalisations quadrillent la terre pour  transporter l’une des molécules les plus problématiques de notre époque : le CO₂. Capté directement dans les usines émettrices de gaz à effet de serre, il circule parfois déjà sous nos pieds dans des tuyaux de 40 centimètres de diamètre.

Après les gazoducs et les oléoducs, voici les nouveau-nés de l’industrie pétrolière : les « carboducs ». Leur destination ? Des giga-poubelles souterraines à CO₂ installées un peu partout dans le monde. En effet, 43 sites sont prévus en Europe – principalement en mer du Nord –, pour l’essentiel dans d’anciens réservoirs d’hydrocarbures épuisés (mais aussi parfois des aquifères salins ou des roches basaltiques), loin de tout. Pour arriver jusque-là, le chemin est long et il faut des milliers de kilomètres de tuyaux.

Enquête de notre n°70 « Qui veut la peau de l’écologie ? », en kiosque, librairie, à la commande et sur abonnement.

Ceci n’est pas une dystopie. Un tel réseau est en cours de déploiement en Europe, après les États-Unis et la Chine. En 2022, le pétrolier norvégien Equinor a annoncé la construction d’une canalisation de 1 000 kilomètres entre la France, la Belgique et la Norvège. L’année suivante, c’est au tour de Wintershall Dea, groupe pétro-gazier allemand, de se lancer : encore 1 000 kilomètres de tuyaux. En s’appuyant sur une base de données de l’Agence internationale de l’énergie, Socialter a recensé 98 projets de carboducs annoncés en Europe, dont 80 % l’ont été ces cinq dernières années. D’ici à 2050, selon le Centre commun de recherche (CCR) européen, près de 19 000 kilomètres de pipeline à CO₂ pourraient sillonner les sous-sols du continent.

Ces carboducs sont la pièce maîtresse d’une nouvelle infrastructure industrielle futuriste : le CCS (capture et stockage du carbone) ou CCUS (captage, stockage et utilisation du CO₂). Pour mettre en œuvre ce système d’enterrement du carbone, il faut non seulement construire des milliers de kilomètres de tuyaux, mais aussi des installations de captage de carbone, des unités de traitement du CO₂, des zones de stockage, des installations de traitement de déchets dangereux, de nouvelles lignes électriques…

Cet article est réservé aux abonné·es. Déjà abonné·e ? Connectez-vous.

Envie de lire la suite ? Pour profiter de l’ensemble de nos articles, abonnez-vous.

L’abonnement vous donne accès à l’intégralité de nos articles.

Voir les offres d’abonnement

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À propos de l’auteur·ice
Floriane Louison
Floriane Louison est journaliste indépendante. Elle travaille notamment sur le climat chez Médiapart.Retrouver tous ses articles.

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À lire aussi