Câble ou pas cap’ ?

Écrit par William Bouchardon. Publié le . Modifié le .
Métrocable de Medellín, Colombie.

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Comment relier des quar­tiers proches, mais séparés par deux cours d’eau, une voie ferrée et deux autoroutes ? Grenoble a trouvé une solution moins coûteuse que le métro, le tram ou le bus et offrant au passage une vue imprenable : le « métrocâble ». D’ici 2024, ce téléphérique urbain reliera en seulement 15 minutes les communes de Fontaine et de Saint-Martin-le-Vinoux en passant par le campus scientifique de la Presqu’île de ­Grenoble. Accessible avec un simple ticket de transport public, il devrait à terme transporter 3 000 personnes par heure et sera connecté à trois lignes de tramway déjà ­existantes. Certes, la capitale des Alpes dispose déjà depuis 1934 d’un téléphérique entre son centre-ville et la forteresse de la Bastille qui surplombe la vallée environnante. Mais pour cette métropole qui se veut à la pointe sur la transition ­écologique, pas question de réserver ce mode de transport aux touristes.

La préfecture iséroise n’est d’ailleurs pas la seule à s’intéresser au câble urbain : Toulouse et Saint-Denis de La Réunion construisent également le leur, tandis que Créteil, Orléans, Lyon ou encore Ajaccio y réfléchissent. Pour l’heure, Brest, qui a inauguré son téléphérique urbain au-dessus du fleuve Penfeld en 2016, est la seule ville française à être dotée d’une ligne en service. Mais aux quatre coins de la planète, les projets se multiplient : Jérusalem, Göteborg (Suède), Chicago, Mombasa (Kenya)… à tel point qu’il s’agit désormais du mode de transport public connaissant la plus forte croissance dans le monde. Mais pourquoi cet intérêt soudain pour une techno­logie pourtant maîtrisée depuis plus d’un siècle ?

Medellín : la « success story »

Qu’il prenne la forme de télécabine ou de téléphérique (1), le câble a longtemps été cantonné aux stations de sports d’hiver. Seule exception, souvent oubliée : l’Algérie, où ce mode de transport existe en ville depuis 1956. Mais c’est à Medellín que le câble en milieu urbain a véritablement pris son envol il y a une vingtaine d’années. La deuxième agglomération de Colombie – longtemps gangrenée par le narco­trafic et connue pour être une plaque tournante de la drogue où régnait en maître Pablo ­Escobar – s’est appuyée sur le développement de ce transport pour reconquérir les barrios pauvres situés sur les collines de la ville. Depuis…

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William Bouchardon
À propos de l’auteur·ice
William Bouchardon
Journaliste en devenir. Directeur de la rubrique économie du Vent Se Lève.Retrouver tous ses articles.

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