Vallée de la Meuse, décembre 1930. Un épais brouillard, âcre et puant, entraîne à sa suite des dizaines de morts lors d’une catastrophe qui, au premier abord, semble ponctuelle, inhabituelle. Mais pris au moulin de l’histoire sociale et environnementale, cet événement met en lumière la fabrique des corps subalternes, la disqualification des savoirs et des sensibilités populaires. Il retrace aussi un siècle de contestations d’une industrialisation à marche forcée, gouvernée par la loi, les savoirs médicaux, l’armée et les promesses techniques. En somme, l’ordinaire d’un désastre annoncé enfoui sous les discours qui naturalisent la pollution.
À l’heure de la multiplication des « catastrophes naturelles », la réédition du livre d’Alexis Zimmer nous rappelle à leurs origines politiques, sociales et économiques. Une respiration accessible et bienvenue, qui dissipe le brouillard étouffant de l’inéluctable et rouvre l’horizon des possibles.
Brouillards toxiques – Alexis Zimmer – Éditions Amsterdam → 22 janvier 2025 – 300 pages – 12 €




