Le récent regain d’intérêt pour l’écoféminisme a remis au premier plan l’inclassable Françoise d’Eaubonne (1920-2005), reconnue comme l’inventrice du concept dans son essai Le Féminisme ou la Mort, en 1974. D’abord militante féministe et marxiste avant de glisser vers l’écologie – elle a même fomenté un attentat contre la centrale nucléaire de Fessenheim, en 1975 –, l’essayiste a participé au Mouvement de libération des femmes et au Front homosexuel d’action révolutionnaire. Son œuvre ample, qui va de l’essai à la littérature jeunesse et au roman, passe aussi pour pionnière dans l’évocation de la figure de la sorcière et la qualification des féminicides, qu’elle traite dans Le Sexocide des sorcières (1999).

Ses articles

  • Pensées critiques

    Françoise d’Eaubonne : la lutte des sexes avant la lutte des classes

    Inventrice du concept d’écoféminisme, Françoise d’Eaubonne (1920-2005) a élaboré ses thèses croisant domination patriarcale et destruction écologique avec le souci de les ancrer dans le temps long. Le texte que nous présentons, extrait de l’introduction à Histoire de l’art et lutte des sexes, jamais réédité depuis sa parution en 1978 aux éditions de la Différence, est emblématique de cette réflexion historique et anthropologique. Compilant plusieurs sources, notamment La Société contre nature (1972) de Serge Moscovici, Françoise d’Eaubonne soutient que la lutte des sexes précède la lutte des classes. Elle anticipe les études de genre en montrant comment cette domination patriarcale accouche d’une « idéologie de sexe » prescriptive favorisant les hommes.

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