Association A4 : « Ceux qui traversent la mer connaissent la terre »

Écrit par Association A4. Publié le . Modifié le .Illustration par Illustration : Kévin Deneufchatel

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Au printemps 2020, des espaces d’entraide et de solidarité ont émergé à la suite du confinement.  Le Covid nous a rappelé la vulnérabilité d’un dépar­tement comme la Seine-Saint-Denis, mais aussi la puissance des liens qui peuvent se constituer en situation de précarité. Ce contexte a favorisé le rapprochement de différents groupes militants sur les questions de l’alimentation, de l’accès à la terre, de l’agri­culture vivrière, de la formation ou du travail agricole. Dans la foulée, une première rencontre à la ZAD de Notre-Dame-­des-Landes au printemps 2021, dans le cadre de Reprise de terres, a initié le processus de création de l’Association accueil agricole et artisanal (A4). 

Article issu de notre hors-série « Ces terres qui se défendent », disponible en kiosque en février et sur notre site. 

Initialement, l’axe « ville » de Reprise de terres avait orienté ses réflexions sur les luttes urbaines autour des jardins et des terres en ville. Des membres de l’association A4 furent invités à exposer leurs réflexions, ouvrant le champ de la réflexion aux questions plus larges des liens entre habitant·es des villes en situation de précarité et habitant·es des campagnes. Ce fut aussi l’occasion d’une première rencontre avec des paysan·nes de la ZAD – même si certains membres d’A4 y ont vécu et travaillé. Nous avons alors pu évoquer nos réalités et envies respectives : l’accès à la terre, les échanges de savoir-faire entre ici et là-bas, la complexité du travail en milieu agricole. Une question a immédiatement émergé : à quelles conditions des personnes en situation d’exil, n’ayant pour certain·es pas de papiers français, pourraient se former et travailler à la campagne ? 

Paysan·nes, exilé·es : pour de nouvelles solidarités

En ville, de nombreuses personnes avec des trajectoires migratoires sont contraintes d’accepter des boulots mal payés qu’elles n’ont pas envie de faire – BTP, ménage, sécurité, cuisine, etc. –, pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille au pays. Au-delà de la question du travail, il y a aussi le problème du logement. Vivre dans des squats par exemple, c’est faire face à la menace de l’expulsion et aux logiques de rénovation urbaine qui réduisent l’accès au logement digne. Dans les campagnes, un certain nombre d’entre nous a aussi eu des expériences compliquées. Il est souvent difficile d’y vivre à cause de l’isolement social et des contraintes liées aux déplacements, aux faibles opportunités d’emploi. Pour beaucoup de personnes en situation migratoire, il est inimaginable d’aller tenter sa chance à la campagne. Tout comme en ville, les risques d’exploitation existent et l’on peut se retrouver dans des situations de travail informel, avec les habituels chantages aux papiers et les menaces de dénonciation des voisins ou des employeurs en cas de conflit.

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À propos de l’auteur·ice
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L’objectif de A4 est de construire une dynamique d’accueil, de formation, d’accès au travail et d’accompagnement administratif de personnes avec ou sans papiers, urbaines ou rurales, dans les domaines de l’agriculture et de l’artisanat.Retrouver tous ses articles.

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