Le récent mouvement contre la vie chère s’est constitué autour d’une figure charismatique, Rodrigue Petitot, dit « le R », et du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC). Comment expliquer l’émergence de ces figures qui rompent avec celle du type syndicaliste ou politique ?
En 2009, lorsque les mouvements de contestation ont émergé, il est vrai que le syndicaliste Élie Domota s’était imposé comme une figure incontournable en Guadeloupe et au-delà. Mais c’était autant dû à son activité de leader syndical qu’à ses origines sociales : un militantisme culturel et chrétien avec un fort ancrage populaire. Son syndicat, indépendantiste, l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), a porté la voix des luttes anticoloniales et ne faisait d’ailleurs pas toujours consensus parmi la population.
Article issu de notre n°67 « Résistances rurales », disponible en kiosque, en librairies et sur notre boutique.

Malgré les différends idéologiques, la légitimité sur laquelle s’appuie Rodrigue Petitot, un anonyme au parcours accidenté, sans ancrage politique, au parler populaire et créole, est assez proche. Ce dernier est d’ailleurs surnommé le « R », initiale qui renvoie aussi bien à son prénom qu’au nom du collectif. C’est une figure populaire qui se distingue dans des moments où l’autorité légitime entre en crise, en l’occurrence les élites qui administrent la Martinique et la Guadeloupe, notamment celles issues de l’Hexagone. Élie Domota comme Rodrigue Petitot se démarquent du patronat béké et des représentants de l’État français qu’ils dénoncent, et leur parole trouve de fait une large audience.







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