L’écologie-monde du capitalisme : comprendre et combattre la crise environnementale

Écrit par Jonathan Baudoin. Publié le . Modifié le .

Anthropocène ou capitalocène ? Pour le sociologue états-unien Jason W. Moore, professeur à l’université de Binghamton, c’est le capitalocène qui est à l’origine de la crise climatique que nous vivons. Dans son nouvel essai, L’Écologie-monde du capitalisme, l’auteur estime que la notion d’anthropocène, médiatisée depuis les années 2000, sert de paravent pour masquer la cause de la crise écologique qu’est l’essor du capitalisme depuis 1492.

Dans un style soulignant les influences de Karl Marx, Friedrich Engels ou encore Immanuel Wallerstein, Moore défend l’idée que le capitalisme est une écologie-monde qui façonne le rapport de l’humain à l’environnement dans une course effrénée au profit de manière globalisée. Selon lui, son essor repose sur deux relations dialectiques : celle de l’exploitation « travail social abstrait / capital et travail salarié » et celle de l’appropriation « nature sociale abstraite / capital et travail non payé ».

Pour faire grimper les profits, la dialectique de l’appropriation doit être supérieure à celle de l’exploitation. Pour en donner une illustration, Moore souligne combien l’essor de l’industrie textile en Grande-Bretagne est issu du système esclavagiste dans les plantations de coton du « Nouveau monde ». On peut être néanmoins interloqué par la critique que Moore porte à la pensée de Descartes, qu’il estime être l’un des tenants du « dualisme Nature-Société » mais ce livre offre une perspective critique et historique neuve sur le rôle du capitalisme dans le bouleversement climatique.

L’écologie-monde du capitalisme, comprendre et combattre la crise environnementale Jason W. Moore (traduit de l’anglais par Nicolas Vieillescazes) Amsterdam → 10 mai 2024 – 350 pages – 20 € 

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Jonathan Baudoin
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