Consulting environnemental : véritable tournant ou greenwashing ?

Écrit par Floriane Louison. Publié le . Modifié le .Illustration par Illustration : Florent Pierre

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Charlotte Degot a le parcours classique d’une représentante de l’intelligentsia économique française. Une classe préparatoire d’élite au lycée Louis-Le-Grand à Paris, un double diplôme de Polytechnique et d’HEC des plus prestigieux, le tout récompensé par un recrutement au sein du Boston Consulting Group (BCG), l’un des cabinets de conseil les plus huppés de l’industrie mondiale. Elle y a couvé une start-up qui a pris son indépendance en 2023 après une levée de fonds de plus de 11 millions d’euros. À moins de 40 ans, la voilà PDG. Une carrière rectiligne et ascensionnelle, parfait exemple de ce qui se fait dans le milieu. Sauf qu’une ligne de fracture la sépare des générations qui l’ont précédée : Charlotte Degot travaille sur le climat. Sa société, CO2 AI, est un service de bilan carbone et d’aide à la réduction des émissions grâce à l’intelligence artificielle. Sa conviction : « Les CSO (chief sustainable officer) seront les prochains CEO des boîtes. » Traduction : les responsables du développement durable d’aujourd’hui seront les PDG de demain.

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À l’origine, les cabinets de conseil, comme le BCG, ont séduit les entreprises avec leurs stratégies de croissance ou de réduction des coûts. Pas vraiment pour leur expertise écologique. « Mais il y a un énorme shift qui s’opère », assure Charlotte Degot. Au BCG, elle décrit « une grosse vague » qui a fait du climat « une priorité ». Depuis 2018, le marché du conseil environnemental à destination des entreprises affiche une forte croissance de 25 % par an en moyenne, selon les données collectées par un institut d’étude privé, Xerfi. Ces missions représenteraient aujourd’hui près de 15 % de l’ensemble du marché du conseil, trois fois plus qu’en 2020.

« Le nombre de postes de CSO devrait doubler d’ici la fin 2024 et ils ont besoin d’être bien conseillés et dotés d’outils pour naviguer dans les complexités d’un paysage en pleine évolution », décrit une autre société, Sweep, qui propose peu ou prou le même service que CO2 AI. Pour donner une idée du vent qui lui souffle dans le dos : en 2022, Sweep a réalisé plusieurs levées de fonds faramineuses, pour un total de 100 millions d’euros. Elle a négocié dans la foulée un recrutement de haute volée : l’ex-ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, qui a opté pour cette start-up montante de la décarbonation dans le cadre de sa reconversion dans le privé.

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À propos de l’auteur·ice
Floriane Louison
Floriane Louison est journaliste indépendante. Elle travaille notamment sur le climat chez Médiapart.Retrouver tous ses articles.

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