Le thème de la « précarité menstruelle » a reçu un écho important au cours des années 2010. Notion développée et portée par des activistes du monde entier, parfois associée à celles de « pauvreté menstruelle » ou de « justice menstruelle », elle désigne la difficulté ou l’incapacité financière à répondre aux besoins liés aux menstruations. Ce qui concerne l’accès aux absorbants, mais pas que : l’accès aux bonnes informations, à des espaces et des temps de repos, à des infrastructures sanitaires, à des soins, fait aussi partie des besoins menstruels. Pour l’instant, l’attention s’est principalement portée sur l’accès aux absorbants.
Texte à retrouver dans Bascules #3 – 10 propositions pour un tournant radical, en kiosque, librairie et sur notre boutique.

Dans plusieurs pays, l’activisme menstruel a permis de faire baisser leur prix. Une première stratégie est leur détaxe : des pétitions, des manifestations, des actions spectaculaires ont permis d’interpeller des gouvernements sur le fait que ces produits essentiels ne devraient pas être taxés, parfois avec succès 1. Une autre stratégie est le financement public. En 2010, le gouvernement indien a lancé un programme de vente de serviettes jetables à prix coûtant ; en 2011, le Kenya rendait obligatoire la fourniture gratuite de serviettes jetables à l’école ; le Botswana, le Kwazulu-Natal (Afrique du Sud) lui ont emboîté le pas à partir de 2017, puis l’Angleterre en 2020 et la Nouvelle-Zélande en 2021. En 2016, la ville de New York obligeait les écoles, prisons et structures d’hébergement d’urgence à fournir gratuitement des protections périodiques. En 2018, l’Écosse instaurait leur gratuité dans les écoles et universités et, depuis 2022, pour toute personne qui en fait la demande.
« La lutte contre la précarité menstruelle devient un argument publicitaire. »
On peut en outre considérer que la légalisation des congés menstruels fait partie du subventionnement public des besoins liés aux menstruations. Plusieurs pays le reconnaissent aujourd’hui 2. En France, les produits menstruels sont taxés au taux réduit de 5,5 % depuis 2015. Les congés menstruels n’existent pas. L’endométriose a été reconnue comme « affection longue durée 31 » en 2022, ce qui signifie que les soins auxquels recourent les personnes atteintes de cette pathologie sont remboursés à 100 %, dès lors qu’un médecin ou l’Assurance maladie l’accordent. En 2021, la ministre de l’Enseignement supérieur avait annoncé l’installation de 1 500 distributeurs de « protections périodiques respectueuses de l’environnement » gratuites dans les universités et les Crous, pour la rentrée 2021 – atteignant péniblement 1 000 en mai 2022.







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