Année : inconnue. Pays : indéterminé. Du monde dévasté de Max Rockatansky, nous ignorons presque tout. Hormis les causes de son avènement, exposées par le narrateur au début de Mad Max 2 : Le Défi. « Il faut revenir à une autre époque, quand le monde tournait au carburant noir et que florissaient dans les déserts de grandes cités de tubes et d’acier. Disparues maintenant, balayées. » Sans pétrole, « le grondement des machines hoqueta et s’éteignit » et les grandes puissances « n’étaient rien ». Elles laissèrent la place aux bandes « prêtes à se faire la guerre pour un bidon de carburant ». Sorti en 1981, le deuxième volet de la saga post-apocalyptique avait beaucoup à voir avec les angoisses de l’époque, nées de deux chocs pétroliers successifs. Les deux prémisses du film de George Miller, à savoir notre addiction au pétrole et la perspective d’un épuisement des ressources en or noir, sont-elles pour autant complètement obsolètes ?
Article à retrouver dans notre numéro 58 « L’empire logistique », en kiosque et sur notre boutique.

Il est vrai qu’en près d’un demi-siècle, notre dépendance s’est relativement amoindrie. En témoigne la part des produits pétroliers dans la consommation mondiale d’énergie primaire, passée selon l’Agence internationale de l’énergie de 45 à 31 %. « Avant le premier choc pétrolier, on utilisait le pétrole pour tout : pour le transport et l’industrie, bien sûr, mais aussi pour se chauffer et pour produire de l’électricité. Les transports ont ensuite représenté une part de plus en plus grande de la consommation de pétrole », indique Philippe Copinschi, maître de conférences à Sciences Po et spécialiste des questions énergétiques. Aujourd’hui, le pétrole extrait du sous-sol termine le plus souvent au fond des réservoirs de nos voitures et camions. En 2021, le secteur du transport routier constituait 43 % de la demande. Loin devant l’industrie, qui recourt à l’hydrocarbure comme combustible et comme matière première pour fabriquer une kyrielle de produits, des bouteilles en plastique aux vêtements en fibres synthétiques.
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