Cobalt : les batteries ont mauvaise mine

Écrit par Vincent Gautier. Publié le . Modifié le .

Cet article est réservé aux abonné·es.

À cheval sur la Saxe (Allemagne) et la Bohême (République tchèque), les monts Métallifères font aujourd’hui le bonheur des férus de sports d’hiver et de randonnée. Une destination touristique à mille lieues de ce qui a fait la renommée de cette chaîne de montagnes. Du Moyen Âge au siècle dernier, les mineurs y ont sorti de terre des tonnes de cuivre, d’étain, d’uranium, d’argent. Ils en extrayaient aussi un autre minerai, dont ils se méfiaient particulièrement : celui contenant du cobalt. Une crainte justifiée : les vapeurs d’arsenic qu’il dégageait durant son grillage 1 étaient à l’origine d’empoisonnements.

Article issu de notre numéro 57 « Manger les riches ? », en kiosque et sur notre boutique.

Le mot même de cobalt, dérivé de l’allemand kobold, témoigne de cette ambivalence envers ce métal à la fois source de richesses et cause de malheurs. En 1753, le baron d’Holbach, dans le tome III de L’Encyclopédie, s’en faisait ainsi l’écho : « Les mineurs allemands donnent aussi le nom de cobalt à un être qui n’existe que dans leur imagination ; ils veulent désigner par là un phantôme ou demon soûterrain à qui ils attribuent la figure d’un petit nain ; ce prétendu gnome lorsqu’il n’est pas de bonne humeur étrangle les mineurs ; mais lorsqu’il est bénévole, il leur fait découvrir les filons les plus riches. »

Deux siècles et demi plus tard, et depuis une trentaine d’années, le cobalt connaît une nouvelle fortune grâce à un filon clairement identifié : les cathodes des batteries lithium-ion équipant les ordinateurs, les téléphones et les voitures électriques. Chaque smartphone contient quelques grammes de ce métal gris et brillant une fois raffiné, tandis que la batterie d’un véhicule électrique en requiert jusqu’à dix kilos. « Dans les années 1990, les batteries ne représentaient qu’un faible pourcentage de la consommation, souligne Mathieu Leguérinel, géologue au Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM). Cette part est passée à 38 % en 2012 et à 53 % en 2017. Elle est actuellement proche des 60 % et s’il n’y a pas de bouleversement technologique d’ici là, elle pourrait atteindre 80 % d’ici 2025-2030. »

Cet article est réservé aux abonné·es. Déjà abonné·e ? Connectez-vous.

Envie de lire la suite ? Pour profiter de l’ensemble de nos articles, abonnez-vous.

L’abonnement vous donne accès à l’intégralité de nos articles.

Voir les offres d’abonnement

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

Vincent Gautier
À propos de l’auteur·ice
Vincent Gautier
Vincent Gautier est journaliste au Parisien.Retrouver tous ses articles.

Actuellement en kiosque

Hors-série — Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

19,00 €

La newsletter de Socialter

Recevez nos actualités, les annonces de nos nouvelles parutions ainsi que des promotions et concours exclusifs.

À lire aussi