Amundi, l’actionnaire fossile qui fait écran Total

Écrit par Sophie Kloetzli. Publié le . Modifié le .

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Un discret mais immense soutien au projet [EACOP]. » C’est en ces termes que le mouvement citoyen Youth for Climate a qualifié Amundi dans un tweet, à l’occasion d’une action de blocage menée début mars au siège parisien de l’entreprise. Ravages environnementaux et climatiques, violations des droits humains : prévue pour 2025, la mise en service de l’oléoduc géant de Total en Ouganda et en Tanzanie (East African Crude Oil Pipeline Project) est sous le feu des critiques. La société Amundi, accusée par les militants de jouer « un rôle décisif » dans ce projet écocidaire, affiche pourtant dans sa communication son ambition de « confirmer [sa] position de leader mondial de l’investissement responsable au service d’une transition juste ».

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Avec près de 2 000 milliards d’euros à gérer pour le compte de ses 100 millions de clients, cette filiale du groupe Crédit Agricole est le numéro 1 européen de la gestion d’actifs et le premier gestionnaire d’épargne salariale et retraite en France. En d’autres mots, un poids lourd de la finance, qui se trouve aussi être le premier actionnaire de Total en termes de nombre d’actions détenues (10,1 % du capital, dont une partie est liée au fait qu’Amundi gère l’épargne salariale du personnel de Total), et l’un des principaux en termes de droits de vote (sur 2,3 % des actions). Une position qui lui confère une influence non négligeable lors des assemblées générales annuelles, durant lesquelles se décident les orientations stratégiques de l’entreprise.

C’est donc tout naturellement qu’Amundi s’est attiré les foudres des organisations environnementales au printemps 2022, lorsqu’il a approuvé le « plan climat » de Total faisant la part belle à l’expansion des hydro­carbures. « Amundi est clairement protecteur de la stratégie climaticide de Total », tranche Lucie Pinson, à la tête de l’ONG Reclaim Finance, qui promeut le désinvestissement des énergies fossiles. Sollicité par mail, Amundi ne commente pas ce choix de vote mais déclare avoir « adopté lors de la saison 2022 une approche exigeante de l’analyse des résolutions “Say on climate” (plans climat, ndlr) » et avoir pour habitude d’« [évaluer] les stratégies des entreprises dans leur ensemble ». Amundi précise par ailleurs « ne [financer] directement aucun projet de pétrole et/ou de gaz », EACOP inclus. Même son de cloche du côté de la banque Crédit Agricole, qui nous indique avoir « dès le début […] refusé de financer le projet EACOP ».

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À propos de l’auteur·ice
Sophie Kloetzli
Journaliste indépendante et ancienne stagiaire à Socialter.Retrouver tous ses articles.

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