Incendies dans les Landes : on brûle tout et on recommence ?

Écrit par Sophie Kloetzli. Publié le . Modifié le .

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Les brasiers géants à perte de vue, d’immenses masses noires obscurcissant les plages, la lutte effrénée des pompiers : ces images auront marqué l’été 2022, celui de tous les records. En France, 65 000 hectares boisés sont partis en fumée, soit plus de 7 fois plus que la moyenne des quinze années précédentes. Avec près de 22 000 hectares dévorés par les flammes près de Landiras et 7 000 à La Teste-de-Buch (Gironde), le massif forestier des Landes de Gascogne a montré à quel point il était fragile. 

Article issu de notre numéro « Êtes-vous éco-anxieux ? », disponible en kiosques, librairies et sur notre boutique.

À l’origine de ces mégafeux historiques, un cocktail explosif de températures accablantes, sécheresse extrême et vulnérabilité inhérente à la composition et à la gestion de cette « forêt » dominée par la monoculture intensive de pins maritimes (présents sur 90 % des surfaces boisées), arbres résineux réputés hautement inflammables. « Les conditions climatiques sont tellement extrêmes que tout a tendance à brûler, mais la pinède pure, c’est vraiment dangereux, souligne Philippe Barbedienne, directeur de la Sepanso Gironde, une fédération d’associations de protection de la nature et de l’environnement. Il y a des mesures urgentes à prendre, à commencer par cesser de couper les arbres feuillus comme les chênes qui peuvent jouer un rôle de pare-feu quand leurs feuilles sont vertes. » 

« Économie Amazon » 

Le fléau des incendies remet en question tout le modèle productiviste hérité du XIXe siècle. En l’occurrence, celui d’une plantation à but industriel issu d’une loi de 1857 voulue par Napoléon III. « Dès le XVIIIe siècle, les Landais créaient des pignadas, exploitaient la résine et les goudrons », retrace l’historien José Cubero dans son ouvrage La Lande, le pin, le feu (Cairn, 2019), en rappelant que s’y dressait jadis « une forêt primitive » avec des « pins mêlés à des feuillus ». Mais le plan de reboisement napoléonien tourne définitivement la page du système agropastoral traditionnel, avec ses bergers perchés sur des échasses pour progresser dans les marécages.

Devenu la plus grande forêt artificielle d’Europe (un million d’hectares), le massif des Landes est aujourd’hui à la pointe de l’industrialisation forestière tricolore, largement inspirée des modèles scandinave et allemand. «…

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Sophie Kloetzli
À propos de l’auteur·ice
Sophie Kloetzli
Journaliste indépendante et ancienne stagiaire à Socialter.Retrouver tous ses articles.

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