Gilles Salvat : Santé humaine, santé animale, même combat

Écrit par Léa Dang. Publié le . Modifié le .Illustration par Itziar Barrios

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Inciter l’ensemble des professionnels de la santé humaine, animale et environnementale à mutualiser leurs réflexions. Tel est le but de l’initiative One Health, née dans les années 2000 et approuvée aujourd’hui par quelque 850 médecins, vétérinaires et scientifiques à travers le monde. En France, Gilles Salvat en est l’un des plus fervents promoteurs. Aujourd’hui directeur général délégué de la recherche à l’Anses (1), le chercheur y voit le moyen d’une meilleure prise en compte de la santé et du bien-être animal pour éviter de nouveaux risques sanitaires majeurs. 

Dans quel contexte la méthodologie One Health s’est-elle ­développée ? 

La réflexion scientifique que nous avons entamée dans mon établissement a émergé au début des années 2000 au sein de grandes organisations internationales comme l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces organismes ont réalisé que les animaux et les humains avaient un certain nombre de déterminants de santé communs. Ils sont arrivés à la conclusion qu’on ne pouvait traiter la santé humaine sans se préoccuper de la santé animale et vice versa. Pourquoi ? Parce que environ 60 % des maladies infectieuses actuelles sont des maladies zoonotiques [des maladies dont les agents pathogènes se transmettent de l’animal à l’humain, ndlr]. La plupart des infections (bactériennes, parasitaires ou virales) ont une origine animale et peuvent franchir la barrière inter-­espèces. 

Auriez-vous un exemple ? 

L’une des maladies les plus célèbres, la grippe, qui nous viendrait du canard et du cochon, est désormais connue de notre système immunitaire qui sait s’en défendre. En revanche, même s’il existe des coronavirus saisonniers qui provoquent des rhumes et des infections respiratoires bénignes connues depuis la fin du xe siècle, ce coronavirus est suffisamment nouveau pour que personne n’ait d’anticorps. Quand un virus se réplique dans une cellule, il y a des erreurs de copie qui, la plupart du temps, conduisent à des virus non infectieux mais, parfois, à des virus plus agressifs. Il peut aussi y avoir une mutation…

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